Crush it! de Gary Vaynerchuk

crush it

Gary Vaynerchuk

En résumé : Crush it! de Gary Vaynerchuk vous enseigne comment devenir une référence sur les réseaux sociaux et ainsi propulser votre business. Mon article vise à partager ses conseils tout en y ajoutant une réflexion critique.

Temps de lecture : ~7 minutes

Gary Vaynerchuk est l’incarnation même du guru américain sous un mélange constant de cocaïne, d’amphétamine et de stéroïdes. Comme lui-même le dit, on l’aime ou on le déteste. Il est presque impossible de rester indifférent à sa personne. Un ami m’a récemment prêté son bouquin « Crush it! » que j’ai eu le plaisir de lire cette après-midi (merci Nik !). Et même si je n’ai rien appris de nouveau, j’ai été happé par les 132 pages du livre – vendu €9,20 tout de même ! Après Un mal de dos et un changement de position pour avoir une posture plus acceptable, j’ai décidé de rédiger ce court article mêlant résumé, critique et réflexion sur une tendance actuelle.

Le livre en bref

      

Nous sommes dans le paradigme classique du « tout le monde a une passion et bosser comme un fou pour monétiser cette passion nous rendra heureux ». On est dans du livre de motivation classique pour tout aspirant entrepreneur. Tout le reste du livre sera alors sa propre recette pour réussir dans le merveilleux monde du soloprenariat.

Tout d’abord, trois règles fondamentales :

  1. Aimez votre famille
  2. Travailler super dur : minimum 20h par jour
  3. Vivez votre passion

Gary à la mentalité de l’américain qui considère que rentrer tous les soirs à 3h du matin pour repartir 3h plus tard est le meilleur moyen d’aimer sa famille. Si on est là pour Noël et Thanksgiving, c’est parfait. Je trouve ce groupe de règles peu pertinent étant donné qu’il est difficile de mettre sa famille en priorité et passer la majeure partie de son temps à son travail. Mais bon, chacun a sa manière d’aimer !

Il nous explique rapidement que les réseaux sociaux sont la nouvelle forme de business et que tout le monde devrait y passer un temps faramineux dessus. C’est le meilleur moyen de communiquer avec sa clientèle tout en l’élargissant. Pour cela, la première étape est de se construire une marque personnelle. Le CV, c’est has-been. Les entreprises utiliseront de plus en plus les réseaux sociaux afin de dénicher la perle rare. Vous n’avez pas de marque personnelle ? Votre compte actuel Facebook ou LinkedIn en est une. Elle est simplement bâclée !

Construire sa marque personnelle n’est pas quelque chose d’artificiel. C’est même l’inverse. Gary nous propose de trouver notre propre ADN (non non, le séquençage est inutile dans ce cas) est d’être le plus authentique possible. Il accuse le manque d’authenticité comme le générateur de nombreux échecs. Être honnête c’est utiliser son propre vocabulaire, ne pas être politiquement correct si l’on ne veut pas l’être, ne pas s’habiller spécifiquement qu’on on filme une vidéo, accepter de montrer ses faiblesses, etc.

Cependant, votre marque personnelle doit être liée à un contenu spécifique. Vous devez être l’expert dans un domaine. Mais Gary ne donne pas le conseil classique (à la Tim Ferriss) de lire simplement 3 bouquins sur le sujet. Il affirme que vous devez devenir LE meilleur dans ce domaine. Pour cela, vous allez vous accaparer de toutes les sources d’informations possibles traitant de votre sujet. Ensuite, vous allez raconter de merveilleuses histoires sur le sujet en étant le plus passionnant possible.

Mais comment être passionnant ? En choisissant le bon medium.

Certains seront meilleurs à travers un article écrit, d’autres à travers un podcast et encore d’autres à travers une vidéo – en live ou en différé. Vous devez tester chacun de ces mediums et choisir celui qui vous convient le mieux. Il propose les mediums suivant (à noter que le livre a été rédigé en 2009) :

  • WordPress
  • Tumblr
  • Facebook
  • Twitter : son favoris
  • Flickr : on peut poster des photos peu importe son sujet
  • Youtube
  • Viddler : plus petit que Youtube donc plus de place pour se faire connaître
  • Ustream.tv : pour faire du live

Bien sûr, selon lui, le meilleur serait de faire les trois : texte, audio, vidéo – tout en étant présent sur un maximum de réseaux sociaux. Pour cela, il propose d’utiliser des aggregateurs d’upload comme ping.fm ou Tubemogul (oui, beaucoup d’anglicismes en une phrase…)

Il suggère aussi d’être très prudent quant à l’analyse des données – par exemple, le nombre de vues sur une vidéo. Peut-être qu’une de vos vidéos n’a fait que 7 vues, mais l’une de ces vues est celle d’un PDG d’une grande boîte qui vous proposera un contrat en or. Il conseille plutôt de croire en ses tripes. Conseil qui sonne bien mais qui est bien creux…

Si vous voulez dominer les réseaux sociaux, vos efforts doivent venir du coeur avant tout. L’équipement est secondaire. Si vous êtes passionné et que votre contenu est excellent, vous pourrez vous construire une grande communauté malgré un équipement d’amateur.

Un point que j’apprécie chez lui est son honnêteté (et heureusement étant donné ses conseils !). Il avoue que l’entreprenariat demande une quantité d’efforts immense. Vous allez devoir travailler comme un fou pour réussir. Gary suggère de dormir un maximum de 4h par nuit ! Pire, le travail ne suffit pas. Il faut aussi avoir une dose colossale de persévérance. Malgré un travail intelligent, il faudra parfois attendre plusieurs années avant de décoller.

Créer du contenu demande du travail, mais bâtir une communauté en demande bien plus. Selon lui, la meilleur stratégie marketing est « care » : prendre soin de sa clientèle et de son sujet. Vous devrez alors être sur tous les fronts : participer à tous les blogs et forums sur le sujets, suivre tous les influenceurs, répondre à chacun de vos emails, tweets, commentaires Facebook, etc. Il affirme répondre à toutes les personnes qui lui écrivent, ce qui lui demande plusieurs heures chaque jour.

En bref, bossez comme des malades, soyez partout, créez une quantité de contenu phénoménales tout en préservant la qualité et soyez patient.

Passion = esclavage ?

      

Ce livre suscite en moi de nombreuses questions quant à la définition de la passion et du bonheur. Ayant lu un paquet de livre sur le sujet, je remarque un leitmotiv : l’auteur dépeint plus au moins subtilement le salarié comme une sous-espèce stupide, paresseuse mais surtout malheureuse.

Sommes-nous tous faits pour travailler 20h par jour ? Avons-nous tous une passion si intense que nous sommes prêts à nous y dédier jours et nuits ? Aimons-nous tous parler de nous et afficher notre vie à quiconque veut bien nous lire, écouter ou regarder ?

Je trouve que cette définition de l’humain est bien étroite. Pourquoi une personne ne pourrait-il pas apprécier la vie suivante : un travail ni passionnant ni déplaisant, des loisirs appréciables et du temps chaque soir avec ceux qu’elle aime ? Est-ce que cette description doit forcément être inférieure à celle d’un entrepreneur qui passe sa vie à bâtir son empire ? Pouvons-nous réellement hierarchiser la valeur de nos expériences ? Pouvons-nous réellement affirmer qu’une personne non-entreprenante manque simplement de courage ?

J’aime prendre une heure à cuisiner le soir. J’aime lire un livre qui ne me servira pas forcément d’un point de vue monétaire. J’aime parfois regarder un épisode d’une série stupide et le critiquer avec ma copine. J’aime prendre un bon bain chaud tout en écoutant un concerto de Rachmaninov. J’aime perdre mon temps.

Est-ce alors un signe que je n’ai pas de passion ? Peut-être. Mais pour être honnête, j’espère ne jamais rencontrer ma passion. La passion est violente, elle dévore son hôte et le pousse à en être esclave. Je ne veux pas travailler 20h pour une cause. Je veux pouvoir dormir 9h et me réveiller tranquillement puis prendre 1 heure à prendre mon petit-déjeuner en discutant avec Deborah.

La paix de l’esprit, la sérénité est selon moi un bien bien plus précieux que la passion. Je ne veux pas être passionné, je veux être serein.

Source

Click Here to Leave a Comment Below

Sandrino

Salut Christopher,
Cette vision de la passion ne me donne pas du tout envie. La vie qui me rend le plus heureux est équilibrée entre passion et vie sociale (vie de couple, famille, amis).
Et j’adore ta phrase de conclusion : « Je ne veux pas être passionné, je veux être serein. » 🙂
Bonne journée et à bientôt !
Sandrino

Reply
    Christopher Lieberherr

    Hello Sandrino !

    Moi non plus hahahah !

    A bientôt !

    Christopher

    Reply
Clément

Salut Christopher,

J’espère que tu grossis le trait (ou que Vaynerchuk le fait), car ses trois règles fondamentales sont très caricaturales (comme tous les passages sur « bosser 20h par jour en souriant »).
Encourager le travail et la persévérance ne peut pas faire de mal, mais rester en bonne santé et maintenir un équilibre de vie prime tout de même sur l’autoesclavagisme.
Je trouve son thème principal assez intéressant, et finalement assez vrai : savoir contrôler son identité numérique est un réel plus à l’heure actuelle. La plupart des universités anglo-saxonnes encouragent d’ailleurs leurs étudiants dans cette voie, par exemple en donnant des examens consistant à tenir un blog pendant un certain temps…

Je suis assez d’accord avec toi pour ta critique de l’entrepreneuriat à tout prix. Le mieux serait d’atteindre « l’idéal de Tim Ferris », d’utiliser sa passion pour dégager un revenu, puis continuer à percevoir celui-ci sans forcement y investir beaucoup de temps… et pouvoir donc explorer d’autres passions, ou avoir une riche vie sociale, ou encore « perdre son temps » (mais du moment que l’on aime ce qu’on fait, peut-on perdre son temps ?), tout en étant indépendant financièrement.
Dans ce cas-là, l’entrepreneuriat me semble tout de suite plus tentant.

Bonne journée,
Clément

Reply
    Christopher Lieberherr

    Salut Clément,

    Malheureusement, j’ai plutôt amoindri les traits…

    Je suis personnellement aussi sceptique concernant l’idéal de Tim Ferriss. Dans ce cas, je trouve que Gary est plus honnête : un peu business demande beaucoup de travail. Le coup de la muse n’est que peu réaliste. S’il y a en effet un moyen facile de se faire de l’argent, tout le monde se ruera dessus et la compétition deviendra intense. La situation a alors changé et il est nécessaire de bosser 2x plus que les autres pour devenir rentable.

    Tim Ferriss vend du rêve, et c’est son moyen de faire de l’argent « facilement ».

    Bonne journée !

    Christopher

    Reply
Lorenz

Aller Gary, le rêve américain c’est fini, et si tu as besoin d’écrire un livre pour te prouver que tu es dans la bonne voie, et que tous tes énormes sacrifices servent quand même à quelque chose, c’est qu’il est grand temps de te remettre en question.

Au fond, ce que tu veux, c’est juste être heureux, et pour ça pas besoin de se tuer 20h par jour au boulot, d’être riche ou célèbre, de négliger sa famille et sa santé, de « réussir », …

Bon d’accord, je suis dur, mais le genre « faites comme moi comme ça si je me suis trompé je ne serai pas tout seul » m’exaspère, pauvre Gary Vaynerchuk, le moins que l’on puisse dire c’est que je ne l’envie pas, bien au contraire…

Merci pour ce point de vue intéressant sur un idéal de vie, qui, vous l’aurez compris, ne me parle pas du tout ^^.

Reply
    Christopher Lieberherr

    Hahaha ! ton message m’a bien fait rire. Mais c’est exactement ça !

    Certains peuvent vivre comme Gary, mais ériger ce mode de vie comme le seul moyen d’être réellement heureux… c’est absurde.

    Reply
Marine

Salut Christopher,

J’espère que tu n’as plus mal au dos (cf intro) 🙂

« Gary à la mentalité de l’américain qui considère que rentrer tous les soirs à 3h du matin pour repartir 3h plus tard est le meilleur moyen d’aimer sa famille. »

Haha, oui, chacun sa mentalité. Ce n’est clairement pas la mienne 😉

Intéressant comme façon de voir les choses. Il ne semble pas adapter du « moins mais mieux ».

Personnellement, ça vision ne me donne pas envie, ce n’est pas ce qui m’attire pour ma vie.

« La paix de l’esprit, la sérénité est selon moi un bien bien plus précieux que la passion. Je ne veux pas être passionné, je veux être serein. »

Du coup, je suis plus en accord avec ta vision.

Cela dit, une question me vient au vu de ton propos : penses-tu qu’il est impossible d’être à la fois serein et passionné ? Ne peut-on être les deux selon toi ? Car sinon, pourquoi parlerait-on de « passion dévorante » ? je veux dire, si on sent qu’on doit rajouter « dévorante » à « passion », cela signifierait qu’une passion n’est pas nécessairement dévorante.

Bon après, tout dépend de ce que l’on appelle « passion » aussi.
C’est comme « ami ». Certains appellent « amis » des gens dès qu’ils les connaissent un chouille (voire pas du tout comme sur Faceb***) alors que j’emploie ce terme dans ces cas-là.

Belle fin de semaine 😉
@+

Reply
    Lorenz

    Je ne suis pas Christopher mais ton commentaire me fait réagir: personnellement j’ai l’impression que nous sommes dans une société qui pousse à l’extrémisme comme jamais vu auparavant: le vegan préfère mourir que de croquer une fois dans l’année dans une brochette de poulet, le riche n’est pas vraiment riche tant qu’il n’a pas des milliards, le déçu de la société est prêt à aller faire la guerre en Syrie, le cinéphile se doit d’avoir au moins 1000 dvds, le culturiste passe 20h par semaine au fitness et le passionné ne fait rien d’autre que ce qui touche à sa passion…
    Je cherche encore à expliquer la cause de ce besoin de dévouement total, mais il est pour moi clairement malsain et l’expression « ne pas abuser des bonnes choses » n’a jamais été aussi nécessaire, tout est question d’équilibre. Tout ça pour dire qu’ayant la chance de faire un métier qui me passionne souvent, j’ai l’impression de n’en demeurer pas moins serein pour autant 🙂

    Reply
      Christopher Lieberherr

      Tout à fait d’accord. Une tentative d’ébauche à ta question serait peut-être la quête d’une identité. On essaie désespérément de sortir de la masse pour se distinguer. On croit alors que cette distinction sera le coeur de notre identité.

      Reply
    Christopher Lieberherr

    Hello Marine,

    Bien sûr, tout dépend de la définition du terme passion. J’aurais tendance à dire que non, on ne peut être serein et passionné. Ensuite, comme exercice mental, nous pourrions imaginer une passion rationnelle. La personne s’est fixée une objectif très élevé et sait qu’elle doit avoir une certaine hygiène physique et mentale afin de l’atteindre. Elle sait qu’elle fait un marathon et non un sprint. Dans ce cas, peut-elle alors développer la sérénité comme moteur de sa passion ?

    Reply
      Marine

      Salut Christopher,

      Intéressant le concept de « passion rationnelle ».

      Faut-il forcément avoir des passions ?
      Je ne crois pas. On en parle beaucoup ces derniers temps…
      Selon moi, on peut avoir un ou plusieurs centres d’intérêts que l’on aime beaucoup mais pour lesquels on n’irait pas jusqu’à se bousiller la santé par exemple…
      Ce serait un peu ton « passion rationnelle », t’as un objectif, tu veux atteindre/vivre un truc, « arriver » à un certain endroit, tu fais ce que tu peux pour ça, en mode marathon en appréciant le chemin : ce dernier point est très important selon moi.

      @+

      Reply
freddy

Bonjour,

Je pense que c’est un peu une vision exagérée, l’Américain excessif. J’y ai travaillé et donc vécu quelques années, aux USA on ne vit « quasi » que pour réussir sa vie « dollarienne » . Je sais ce mot n’existe pas, mais ce que je veux dire de par l’histoire des USA, on peut faire de l’ragent si on travaille, le fameux  » travailler plus pour gagner plus » prend son sens aux USA. Tim Ferris à écrit un livre  » la semaine de 4h » qui explique un peu mieux que les réseaux sociaux peuvent apporter l’indépendance financière et de ce fait on n’est non pas esclave des réseaux ou du travail, mais au contraire, les réseaux sociaux peuvent apporter une certaine liberté financière, adage du  » on fait de l’argent même en dormant grâce aux réseaux sociaux. Tim Ferris a d’ailleurs très bien complété la suite de son bouquin sur n second volume plus complet  » Les outils des géants » qui là aussi explique au travers d’expérience de personnes qui ont réussis dans la vie comment atteindre les sommets sans tout mettre de côté.

Reply
Leave a Reply: