Pourquoi la dépendance affective est bonne

J’étais hier dans un magasin de bricolage pour acheter des cartons de déménagement quand une crise existentialiste m’a frappé de plein fouet. Cela faisait déjà plusieurs années depuis mon adolescence que je n’avais pas eu ce type de sensation quasi nihiliste (ça fait très baudelairien comme intro !).

Je me suis rendu compte que j’étais sous un gouffre sans fin, un néant absolu, une crevasse infinie. Le seul élément me permettant de ne pas y sombrer était un filet qui semblait certes solide, mais un filet permet quand même de voir la menace du vide sous nos pieds.

Je me suis rendu compte que ce filet était mon couple.

Ce n’était pas une grande découverte, car je sais depuis longtemps qu’une de mes valeurs principales, un de mes objectifs principaux est bien de construire un couple sur lequel je peux me reposer. Toutefois, cet abîme m’a poussé dans une certaine réflexion.

dépendance affective

Le gouffre sous nos pieds.

Accepter sa dépendance

Pour utiliser des termes plus concrets, je me suis rendu compte que si mon couple périssait d’une manière ou d’une autre, j’en serais profondément affecté. Bien sûr, nous sommes là dans une évidence bien simple. Cependant, accepter que son couple soit le moteur de presque toutes ses activités est quelque chose de difficile à faire. La fameuse dépendance affective si combattue…

Est-il facile d’avouer que notre bonheur, notre motivation, notre joie, notre énergie et notre passion dépendent majoritairement d’une personne ou plutôt d’un état, celui de couple ? Je pense que non.

Cet aveu nous fait paraître faible non seulement vis-à-vis de nous-mêmes, mais aussi des autres. Nous sommes maintenant dans la vision de l’homme (ou la femme) fort où un couple peut certes le rendre encore meilleur, mais en aucun cas l’affecter. On considère la dépendance affective comme un pathologie presque pathétique.

On entend alors des banalités du type : « c’est bien d’être en couple, mais il faut garder ses amis aussi ». Sans rentrer dans les détails (je devrais écrire un article entier sur cette phrase tellement elle me fait réagir), cette phrase me semble peu pertinente pour deux raisons :

  1. Nous avons un temps limité. Si nous préférons le passer avec une personne qu’une autre, nous n’allons pas nous forcer à avoir une expérience de plus basse catégorie parce qu’il « le faut ».
  2. Cette phrase vient souvent dans le contexte de l’anticipation d’une rupture ou encore d’une rétrospective suite à une rupture. Peut-on alors considérer les amis comme un filet de secours affectif ?

Les amis ou le filet de secours affectif

Les termes sont peut-être bruts, mais c’est bien cela, si l’on garde nos amis « au cas où nous serions à nouveau célibataires », nous les considérons bien comme un filet de secours qui nous fera éviter de sombrer au fond de l’abîme. Nous transposerons alors notre dépendance affective sur une poignée d’amis.

Personnellement, cette vision de l’amitié me dérange beaucoup. Tout d’abord, nous devons avouer que certains de nos amis durant notre célibat sont plus des bouche-trous que de véritables amis. Ces personnes nous déplaisent sur de nombreux points, mais étant donné que nous avons la peur de la solitude, nous préférons être mal entouré que seuls. Ainsi, on remarque que la dépendance affective ne touche pas que les couples mais aussi les personnes célibataires.

Il est donc normal et naturel de se détacher de ces pseudo-amis quand la peur de la solitude s’émancipe au fur et à mesure que le couple (notre filet principal) se solidifie. Selon moi, il serait absurde de délaisser le filet principal pour passer du temps à entretenir un filet de secours peu fiable. En effet, pourra-t-il vraiment supporter le poids de notre chute ? J’en doute…

Mais y a-t-il une autre catégorie d’amis ?

Je le pense. Ces amis ne sont pas des filets de secours, mais plutôt un aménagement sur notre filet de sécurité ou encore une autre source de dépendance affective autonome. Nous ne devons pas délaisser l’un pour entretenir l’autre. Ces amis sont les véritables personnes en qui nous avons entièrement confiance. Je ne pense pas que le nombre d’activités ou le temps passé avec ces personnes définissent la relation, mais bien la qualité des expériences vécues ensemble. Nous sommes donc dans le qualitatif et non le quantitatif.

Nous arrivons maintenant à la question qui blesse :

Un couple rend-il plus fort ou plus faible ?

Le couple est donc le filet qui nous protège de ce néant. Mais comment faisions-nous avant ?

Reprenons notre métaphore de l’abîme : le fond du gouffre est le malheur le plus absolu alors que plus nous montons plus nous vivons l’expérience du pur bonheur. Mais voilà que l’abîme n’a ni de fond ni de sommet. Personne ne peut atteindre le malheur ou le bonheur absolu. Nous sommes toujours dans un état hybride, une somme ou une moyenne plus ou moins avantageuse de choses qui nous plaisent et d’autres qui nous déplaisent.

Mon idée est simple : quand nous étions célibataires, nous étions simplement plus proches du fond ou, en d’autres termes, plus bas que dans la situation de couple. Une rupture du filet qu’est notre couple nous ferait probablement descendre temporairement plus bas qu’à notre état de célibat. Cependant, une « gravité » nous ferait reprendre notre situation initiale.

Le problème réside dans la relativité de l’expérience. Avant l’état amoureux, nous ne connaissions que l’état de solitude. Après la chute, nous vivrons la nostalgie et espérerons remonter un jour. Cette nouvelle frustration pourra engendrer un certain malheur que les plaisirs de l’époque ne pourront apaiser.

En bref :

  • Un couple rend donc plus fort
  • La perte du couple nous amène temporairement plus bas que l’état initial
  • Après un certain temps, nous revenons à l’état initial
  • Cet état de puissance ou de bonheur nous manque
  • Nous sommes au même état initial, mais, relativement, nous nous sentons plus faibles.

dépendance affective

Peut-on se prémunir de la dépendance affective ?

Malheureusement, cette question ne peut être qu’absurde. Peut-on réellement se prémunir d’une expérience qui nous rend plus heureux ? En d’autres termes, pouvons-nous ne pas être dépendant du bonheur ?

La seule solution serait de faire en sorte que l’expérience ne soit pas trop heureuse ou même qu’elle soit pire que la situation initiale du célibat.

Bien que cette dernière solution soit totalement stupide, on remarque que de nombreuses personnes ont décidé de l’appliquer. Ces personnes font en sorte de saboter leur couple pour que cette expérience devienne épouvantable au point qu’elle désire et regrette leur célibat. Ainsi, elles ne sont pas en état de dépendance affective envers leur conjoint. Pour revenir à notre métaphore, le couple nous pousserait encore plus profond dans l’abîme du malheur au lieu de nous monter. Ainsi, la situation initiale sera plus haute que la situation de couple.

Ce choix est donc une fuite de la peur, une fuite du risque, un manque de courage. Ces personnes préfèrent ne pas vivre le bonheur pour ne pas subir la frustration de le perdre. Ne rien tenter pour ne rien perdre.

Quelle est la meilleure façon de ne jamais perdre à un jeu ? Ne jamais y jouer.

Et bien que ces personnes vous diront qu’elles ont été ou qu’elles sont en couple depuis de nombreuses années, elles n’auront jamais vécu le vrai état d’amour, celui qui nous fait peur de la perdre, car son expérience est supérieure à tout ce que nous avons vécu.

Le problème universel de l’ascension émotionnel

Ce problème ne se cantonne pas qu’à l’amour ou au couple, mais bien à toutes les décisions que nous prendrons dans nos vies susceptibles de nous élever vers les sphères du bonheur.

  • La richesse : plus vous expérimentez la richesse plus la pauvreté sera difficile à vivre
  • La connaissance : plus vous connaîtrez plus difficile sera de supporter la bêtise
  • L’attachement émotionnel : il n’y a pas que l’amour conjugal, mais aussi l’amour familial
  • Le succès : vous avez vécu votre plus grand succès… et après, que faire ?
  • La célébrité : il y a de nombreux exemples de stars partant en dépression après avoir perdu en notoriété
  • Etc.

Tous ces exemples nous éloignaient du fond de l’abîme, mais comme le dit l’expression « plus on monte, plus la chute sera douloureuse ». Et comme je l’ai dit précédemment, le seul moyen d’éviter de chuter est de ne pas s’élever.

La peur de la perte du couple n’est donc pas la peur de la solitude, mais la peur de chuter, de se rapprocher de cet ignoble fond que nous tentons tous désespérément de fuir.

Accepter la dépendance affective

À un certain moment, il faut accepter que notre bonheur est en effet dépendant de certains éléments extérieurs, qu’une ascension peut provoquer une chute plus douloureuse et que relativement, un état peut-être plus douloureux ou plus heureux.

Cela va à la totale encontre de certains principes du développement personnel comme quoi le bonheur doit être intrinsèque et non sujet aux variations instables et mouvantes de l’environnement.

Je suis totalement d’accord avec cette idée quand nous parlons d’un patron qui est de mauvaise humeur, qu’il pleuve ou encore que nous ayons un échec mineur.

Mais comment peut-on être sincère et dire que notre bonheur ne dépend pas de notre couple ? Si nous aimons fortement cette personne, il est obligatoire qu’un certain niveau de notre bonheur soit directement relié à cette personne.

Certaines variables peuvent être plus ou moins contrôlées. En effet, un couple est la somme de deux personnes et si nous avons fait un choix judicieux (je vous conseille de lire : pourquoi il faut se méfier des coups de foudre ou encore comment ne plus jamais subir de déception amoureuse), il est probable que notre filet soit d’une grande solidité.

Malheureusement, il y en a d’autres qui ne peuvent être maîtrisées par exemple la maladie et la mort. Malgré sa grande solidité, un filet restera toujours un filet.

Être heureux, c’est donc prendre un risque et acceptez de le prendre. Pas simplement dire qu’il n’y en a pas.

La résilience ou le trampoline

La bonne nouvelle, c’est que malgré une chute très douloureuse, il nous est toujours possible de remonter. Cela peut prendre du temps, beaucoup d’énergie et une dose colossale de courage, mais peu importent les échecs, il nous est possible de remonter et d’atteindre un étage supérieur encore inexploré.

Mieux encore, ce trampoline semble se solidifier et s’agrandir. Plus nos chutes sont hautes et fortes plus nous nous élevons vers le ciel. Il suffit pour cela d’accepter qu’il soit possible de rebondir et viser le trampoline lors de la chute.

Je ne sais pas si l’on peut se remettre de la perte d’un être très cher. Cela n’a jamais été le cas pour moi et avancer une vérité sur ce sujet serait de l’orgueil mal placé. Je sais juste qu’être heureux est un risque et plus le bonheur est élevé plus le risque sera grand. Acceptons et embrassons cet abîme comme le jeu parfois obscur de nos vies.

Mais réfléchissons, quel est le but de notre existence si ce n’est d’être heureux ? Au lieu de regarder cet abîme avec angoisse, levons nos yeux et contemplons la surface.

dépendance affective

Un gouffre peut être aussi beau.

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Eliane

Je me sens profondément seule pourtant je vis en couple depuis plus de 30 ans avec un être que j’aime et qui m’aime. Nous partageons de merveilleux moments, des moments de communion. Mais je suis moi, lui est lui et parfois nous sommes deux et un à la fois. Il faut pour être heureux apprendre à renouer avec soi-même pour mieux comprendre, accompagner, communier avec l’autre ou les autres présents ou absents. Et c’est mon moi intérieur qui m’y aide.
D’où les exercices de méditation pour apprendre à se connecter avec soi-même, la nature et les autres.

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    Christopher Lieberherr

    Merci pour ton commentaire.

    En effet il est important de se connecter à soi-même mais te considères-tu alors comme ayant de la dépendance affective ou non ?

    Merci encore !

    Répondre
bonheuretliberte

J’ai vécu trois couples différents, avec des séparations plus ou moins difficiles. La séparation la plus difficile a été une qui n’était pas le fait d’un couple mais d’une relation amoureuse antérieure à ces trois couples : une séparation dont le point final était mis par mon ami en me disant justement que j’étais trop dépendante de lui. Je n’ai jamais accepté cette affirmation, car je pense que le début d’une relation est justement le moment ou on se lance vers l’autre et cela peut ressembler à une dépendance. Mais lorsqu’on aime sa vie, on veut suivre son chemin, on garde de toute façon une part d’indépendance qui va nourrir notre bonheur en toute circonstance. Je disais avoir vécu trois situations de séparation, et je ne peux pas dire que c’était facile, mais à chaque fois, la vision de l’avenir, les possibilités qui s’ouvraient à moi du fait de cette séparation ont été ma source de bonheur.
Tu reprends à un moment une phrase qui finit par  » il faut quand même garder ses amis ». Ce que j’entends dans cette phrase est : il est important de garder une certaine indépendance, la capacité de vivre aussi par soi même et pas forcément à travers le couple.
A un autre moment tu dis : ‘Peut-on ne pas être dépendant du bonheur ? » Ma réponse est : « non, mais le bonheur n’est pas dépendant du couple, ou du moins pas seulement. » Plus loin tu considère que lorsqu’on aime son conjoint son bonheur passe par le couple. Evidemment, une partie des nombreuses sources de bonheur sont dans le couple, dans la réussite de l’autre, etc. Mais son propre bonheur ne peut résider dans le seul couple. Du moins, c’est ma vision des choses.
Une des raisons pour les quelles j’ai intitulé mon blog Bonheur et Liberté, est justement cette réalité du couple, bien que je n’ai pas encore abordé ce sujet dans mes articles.
Je te souhaite un couple heureux et épanoui, mais aussi plein d’autres sources de bonheur à toi et à ta compagne.
Anne-Marie,
bonheuretliberte.com

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    Christopher Lieberherr

    Merci Anne-Marie pour ton analyse en toute finesse.

    Je trouve intéressante la métaphore des multiples sources de bonheur pour ne former à la fin plus qu’un grand fleuve (c’est mon rajout ça :P).

    Cependant, je ne pense pas que cet ajout change vraiment la donne. Quantifions tout cela avec un exemple simpliste pour illustrer mon propos :

    – Le total de notre bonheur est de 100%
    – Le couple correspond donc à 40%
    – Amis à 20%
    – Travail à 20%
    – Loisir à 20% (je simplifie bien sûr les sources de bonheur)

    Certes, si le couple disparaît nous ne touchons pas le fond. Cependant, nous avons une perte de 40% de notre bonheur qui n’est plus qu’à 60%. La période temporaire de cette rupture peut aggraver la situation durant un moment (voir mon schéma).

    Bien que l’intégralité de notre bonheur ne dépende pas de notre couple, celui-ci contribue y d’une manière plus ou moins importante. Ainsi, notre bonheur dépendra en partie de notre couple. Je pense aussi que plus le couple est solide et profond, plus le pourcentage correspond à l’intégralité de notre bonheur sera grand.

    Une indépendance est donc selon moi illusoire car cela demanderait que le couple représente 0%. Ainsi, la perte du couple n’influera pas sur notre bonheur. Cela me semble une absurdité.

    Ton partage de ta triple (voire quadruple) expérience semble plutôt démontrer qu’ils étaient sources de malheur étant donné que la séparation et ta liberté étaient sources de ton bonheur. Imaginons un couple fusionnel en parfaite harmonie : si l’un des deux meurt dans un accident tragique, on ne peut pas dire que le restant trouvera du bonheur dans cette douloureuse séparation. Qu’en penses-tu ?

    En tout cas, merci pour tes bons souhaits 🙂

    A bientôt,

    Christopher

    Répondre
Sandrino

Salut Christopher !

il y a beaucoup de choses intéressantes dans ton article.

Jusqu’à récemment, je critiquais les couples fusionnels car je pensais qu’il faut avoir une vie équilibrée, c’est à dire faite d’amis, de famille, de passion, etc…

Mais je me rends compte que même si mon couple et ma vie sont équilibrés et que nous ne somme pas fusionnels, si je venais à la perdre, je serai affecté de la même manière.

Après, la différence, c’est que j’aurai des amis pour me soutenir. Mais je ne pense pas que ce soit un calcul à faire dans sa vie. On ne va pas se dire « je devrai être plus proche de mes amis au cas où je perdrai ma partenaire ».

On vit au jour le jour, c’est ce qu’on sait faire de mieux, sans calculs ou presque.

A moins d’appliquer le détachement proné par le bouddhisme. Mais ce que je pense, c’est qu’on est fait pour vivre des choses, pour vibrer, rire, pleurer. C’est ça la vie et il n’y a rien à calculer, juste profiter des bons moments en attendant les mauvais.

Bonne journée.

Sandrino

Répondre
    Christopher Lieberherr

    Salut Sandrino !

    Peut-être ai-je mal utilisé la définition d’ami mais je ne voulais pas dire qu’il faille tourner le dos à ses amis quand nous sommes en relation. Cependant, il me semble important de ne pas se forcer à voir certaines personnes si l’envie n’y est pas. Après, si ce sont de vrais amis, l’effort ne sera pas de mise.

    Très bonne journée à toi,

    Christopher

    Répondre
Etienne

Exact! Je pense qu’a partir du moment ou tu dois faire un effort pour voir quelqu’un, c’est que tu dois te poser des questions par rapport à la relation que tu entretiens avec cette personne.

J’essaye personnellement de m’entourer de gens que j’apprécie vraiment (pas si évident…) Pas de « filet de secours affectif. »

Et je me pose souvent la question: Est ce que je continuerais à fréquenter ces personnes si j’étais amoureux? La réponse à cette question me renseigne beaucoup sur la qualité de mes relations.

Merci pour cet article en tout cas et félicitation car la qualité est vraiment super!

Répondre
    Christopher Lieberherr

    Merci pour ton commentaire Etienne.

    La question que tu te poses est très intéressante. En effet, si la réponse est « non », je ne pense pas qu’il vaille la peine de continuer à fréquenter ces personnes.

    A très bientôt et merci encore 🙂

    Répondre
Anne-marie Peretti

Bonjour Christopher,

Tout cela n’est pas facile….
Je pense et c’est un avis personnel.
Que l’essentiel est de savoir ce qui est juste pour soi et d’écouter ce que notre cœur nous dis, notre intuition, ce faire confiance. Je suis en couple depuis 1 an et demi et aujourd’hui je suis en train de me séparer et j’essaie de le faire doucement pour réapprendre et accepter la fin de cette relation. Aujourd’hui après plusieurs tentatives de reprise de cette relation je suis épuiser mais transformer car cela m’a permis de comprendre mes émotions et mon ressenti profondément. Aujourd’hui je grandis un peu plus lol !
Voici un poème pour embellir votre blog et un cadeau de la vie !
Bien à vous Christopher

L’Amour

Je t’attends doucement en silence …
Véritable et sincère quel merveille.
Toi l’amour dont j’ai si peur de l’intérieur.
Je le laisse venir envahir ma vie !
Comme le parfum d’une rose épanouit.
Vient embaumer mon nid douillet
Comme le papillon de nuit…
Qui se pose enfin aujourd’hui ou demain…
Cette énergie magnifique d’un je t’aime !
Comme le soleil il réchauffe mon être.
Si frêle et si fragile malgré lui !
Je l’accepte ici et maintenant…
Car j’ai compris qu’aimer c’est la vie !

Anne-Marie

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    Christopher Lieberherr

    Merci Anne-Marie pour votre commentaire et votre très beau poème.

    Je vous souhaite tout le courage nécessaire pour vous réapprendre et accepter la fin de cette relation.

    Bien sûr, je parle de bonne dépendance affective quand celle-ci est nourrie par une relation positive. Si celle-ci est négative, c’est de l’addiction et nous sommes dans un autre domaine qu’il selon moi, effectivement fuir.

    Merci encore et à très bientôt !

    Christopher

    Répondre
Anthony - S'il suffisait d'aimer

Encore un excellent article qui pousse à la réflexion.

Je trouve ta conclusion magnifique : « Au lieu de regarder cet abîme avec angoisse, levons nos yeux et contemplons la surface. » Elle traduit une véritable approche zen de la vie : apprécier ce que l’on a plutôt que craindre ce dont on pourrait manquer !

Pour ce qui est de la part que joue le couple dans notre bonheur personnel, je souhaitais ajouter l’élément suivant : dans le couple, il y a la part de SOI qu’on y investit.

Donc, on contribue soi-même à son propre bonheur A TRAVERS le couple. 😉

C’est pourquoi la séparation représente une véritable déchirure (cette part de soi est emportée avec le couple qui disparaît).

Pour les personnalités les plus fragiles, cela s’apparente même à un anéantissement. D’où la réaction inconsciente que tu mentionnes et qui consiste à « fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve » (Gainsbourg) : https://www.youtube.com/watch?v=I-__j49XLmA

Répondre
    Christopher Lieberherr

    « fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve » C’est beau merci 🙂

    Ton ajout est très intéressant. J’ai beaucoup réfléchi pour ajouter quelque chose mais je ne vois rien !

    « Donc, on contribue soi-même à son propre bonheur A TRAVERS le couple. » Très pertinent !

    Merci encore et à très bientôt 🙂

    Répondre
lalie

Re Christopher,

j’admire ta façon de t’exprimer…riche en idées et réflexions!
J’adore la langue de Moliere…Celle de Shakespeare est aussi intéressante.

Je suis convaincue que la dépendance affective est bonne et cela est juste dans tous les sens:

Pourquoi on ne veut pas rester tout seul, solitaire?

Les amis, cela sert à quoi?

Pour moi, mon bonheur dépend de ce qui m’entoure.
Avec mon mari, je fais de mon mieux pour le faire sourire donc essayer de ne pas trop l’énerver car je veux que notre petite société fonctionne (je considère une vie de couple ou de famille comme une societe).
Une part de mon bonheur dépend de son humeur…s’il est content, je le suis plus que lui car cela veut dire que mon but est atteint.
S’il est malheureux à cause de moi, c’est l’échec. Alors le voir triste n’affecte beaucoup et me rend faible.
Et cela doit être réciproque.
A part mon mari, mes amies m’apportent aussi tant de joies car on sait toutes ce qui nous manque au train train quotidien…on est ensemble car on veut s’amuser, on partage des choses, on se soutient, on veut tout simplement fuir la routine…on va jouer au billard, aux fléchettes.

Si on ne peut pas se voir, on s’appelle…

Et cette dépendance affective nous apporte la paix.

je dis plus à mes copines » vous me manquez » qu’à mon mari…pourquoi?
car lui, je le vois tous les jours mais elles pas très souvent.
Lui et moi sommes déjà un.

Toutefois,cela m’arrive de sortir toute seule, sans la famille,sans les amies mais alone et cela a pour but de fuir la routine de la vie et cela me procure aussi la paix.

Je suis une croqueuse de vie et je remercie le Bon Dieu pour chaque minute car as long as ( pardon, je n’ai pas la traduction)on vit,on a toujours une chance de vivre son petit bonheur.

On a tous droit au bonheur mais c’est à chacun de savoir le construire, le conserver.

Pour ceux qui croient en Dieu, ils ne se sentent jamais tout seul car il sait et reste confiant qu’il est aimé de Dieu qui ne le laisserait jamais tomber (excusez moi de dire la vérité )

Que Dieu nous garde tous!

lalie

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Rima

Article intéressant, comme tous les autres articles de ce blog d’ailleurs.
mais je voudrais bien comprendre :
pourquoi pour certains (comme vous?) cela parait le moteur qui les fait propulser en avant, et pour d’autres c’est ce qui anéantit toute chance de construire une relation durable? un obstacle à trouver l’amour?
Est ce que la dépendance affective est une forme de manque de confiance, ou bien les deux sont complètement indépendants?

Répondre
    Christopher Lieberherr

    Selon moi, il y a deux types de dépendances :

    – On peut être dépendant d’une relation qui nous rend meilleur. Ainsi l’on sait qu’à deux on sera meilleur que seul.
    – On peut être dépendant de peur d’être seul. On cherche une personne pour combler ou plutôt cacher superficiellement un grave manque de confiance en soi. Dans ce cas, la dépendance me paraîtra malsaine.

    Pour prendre une image : un sportif d’élite sera dépendant de son entraînement, de son coach et de son hygiène de vie impeccable. Cependant, ces dépendances provoquent dans sa vie un impact positif. Mais il est tout de même dépendant de ces éléments, c’est-à-dire que si on les lui enlève, il sera probablement incapable de préserver ses performances. Ceci est la dépendance positive.

    Une personne peut-être dépendante de la malbouffe, de la cigarette ou de la drogue. Dans ce cas, la dépendance lui fait oublier sa condition misérable (qu’il veut fuir) et l’entraîne dans une spirale négative.

    Voilà mon avis 🙂

    Merci pour votre commentaire et à bientôt !

    Christopher

    Répondre
Christophe

Bonjour Christopher

Ton article m’interpelle, c’est un sujet assez sensible où il faut prendre de la hauteur pour ne pas être ravagé et dépendant de ces sentiments.
Ayant connu bon nombre de déception sentimentale, je ne m’attache plus aux personnes, mais je cherche plutôt à agir en fonction de mes besoins et me concentrer sur mes projets, si une femme me donne de l’amour et me rend heureux, c’est un bonus plutôt agréable, je n’attends plus l’amour de l’autre pour faire les choses .

Répondre
    Christopher Lieberherr

    Bonjour Christophe,

    Je te le concède 🙂 J’aurais pu utiliser le terme de Covey : l’interdépendance.

    Si tu ne ressens plus le besoin de d’attacher, il ne faut pas te forcer. En effet, il ne faut pas attendre qu’une personne nous pousse à faire les choses.

    A bientôt,

    Christopher

    Répondre
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