Le Manuel d'Epictète – le memento du sage

epictete

En résumé : Les passages du Manuel d’Epictète – le memento de tout apprenti stoïcien – qui m’ont le plus marqué et permis de progresser au quotidien.

Temps de lecture : ~5 minutes

Le Manuel d’Epictète est l’un de mes bouquins favoris. Simple, court et d’une profondeur inouïe, c’est le genre de bouquin que l’on peut relire, que dis-je, que l’on doit relire au moins chaque année.

Comme certains le savent, je suis sensible à la philosophie stoïque. On me demande souvent quel livre lire pour aborder cette philosophie. Je réponds toujours la même chose : le Manuel d’Epictète.

Pourquoi ?

Car ce livre a été écrit comme un memento pour tout apprenti sage. En grec, l’ouvrage s’appelle « Enkheiridion », ce qui signifie « ce que l’on garde sous la main ». En une seule lecture, l’on est capable de comprendre le coeur de la philosophie stoïcienne. En une seconde lecture, on peut s’en rappeler. Épictète évite tout jargon technique pour ne traiter que de l’essentiel avec des mots simples mais puissants. Pour être sincère, ce livre regroupe et dépasse tous les livres de développement personnel existant ! Le plus marquants, c’est qu’il n’a pas été écrit pour un empereur ou un homme influent comme Sénèque ou Marc-Aurèle, non, c’était un ancien esclave. Cela montre l’étendue du stoïcisme en termes d’applicabilité et de compréhension.

Cet article regroupe les passages qui m’ont le plus marqué. Mais pour être sincère, j’aurais pu réécrire l’ouvrage en son entier tant son impact sur moi a été grand – sauf les quelques passages légèrement misogynes bien sûr…

Mes notes

      

  • … Si tu as de l’aversion pour la maladie, la mort ou la pauvreté, tu seras malheureux.
  • Ainsi la mort n’a rien de redoutable, autrement elle aurait paru telle à Socrate ; mais le jugement que la mort est redoutable, c’est là ce qui est redoutable.
  • Ne demande pas que ce qui arrive arrive comme tu désires ; mais désire que les choses arrivent comme elles arrivent, et tu seras heureux.
  • Commence donc par les petites choses. On laisse couler ton huile ; on vole ton vin : dis-toi, « C’est à ce prix que se vend l’impassibilité, c’est à ce prix que se vend le calme [l’ataraxie] ». On n’a rien pour rien.
  • Si tu veux que tes enfants, ta femme, tes amis vivent toujours, tu es un imbécile ; tu veux que ce qui ne dépend pas de toi.
  • Souviens-toi qu’on n’est pas outragé par celui qui injurie ou qui frappe, mais par le jugement qu’ils vous outragent. Quand quelqu’un te met en colère, sache que c’est ton jugement qui te met en colère. Efforce-toi donc avant de ne pas te laisser emporter par ton idée.
  • Aie tous les jours devant les yeux la mort, l’exil et tout ce qui parait effrayant, surtout la mort, et jamais tu ne penseras rien de bas, ni ne désireras rien avec excès.
  • Voyons, combien se vend la laitue ? Supposons que ce soit une obole. Quand quelqu’un a de la laitue en donnant son obole et que toi tu n’en as pas en ne donnant pas la tienne, ne crois pas être moins bien traité que celui qui en a. S’il a sa laitue, toi, tu as ton obole, que tu n’as pas donnée.
  • De même ici. Quelqu’un ne t’a pas invité à un repas ? C’est que tu n’as pas payé le prix auquel il vend son repas ; il le vend pour des compliments, il le vend pour des soins. Paye le prix auquel il vent, si tu y trouves un avantage ; mais si tu veux à la fois ne pas payer et recevoir, tu es insatiable et imbécile.
  • Si on confiait ton corps au premier venu, tu serais indigné ; et toi, quand tu confies ton âme au premier venu, pour qu’il la trouble et la bouleverse par ses injures, tu n’en as pas de honte ?
  • Retrace-toi dès maintenant un genre de vie particulier, un plan de conduite, que tu suivras, et quand tu seras seul et quand tu te trouveras avec d’autres.
  • Si l’on vient te dire qu’un tel dit du mal de toi, ne cherche point à te justifier sur ce qu’on te rapporte ; réponds seulement : « Il faut qu’il ne soit pas au courant de ce qu’on peut encore dire sur mon compte ; autrement il ne se serait pas borné là. »
  • Quand on te maltraite ou qu’on t’injurie, souviens-toi que celui qui parle ou agit ainsi, croit que c’est son office. Il ne peut pas suivre ta manière de voir, il ne peut que suivre la sienne ; en sorte que s’il a tort, c’est pour lui qu’il y a dommage, puisque c’est lui qui est dans l’erreur.
  • … dans un repas, ne dis pas comment on doit manger, mais mange comme on le doit.
  • Conduite et caractère de celui qui n’est pas philosophe : Il n’attend pas de profit ni de dommage de lui-même, mais de l’extérieur. Conduite et caractère du philosophe ; il n’attend de profit ni de dommage que de lui-même.
  • Signes de celui qui est en progrès : il ne blâme personne, il ne loue personne, il ne se plaint de personne, il n’accuse personne, il ne parle jamais de lui-même comme de quelqu’un d’importance ou qui sait quelque chose. Quand il se sent contrarié ou empêché, il ne s’en prend qu’à lui-même. Quand on le loue, il se moque à part soi de celui qui le loue, et quand on le blâme, il ne se justifie pas. Il fait comme les gens relevant de maladie qui se promènent avec précaution pour ne pas déranger ce qui se remet, avant que cela ait pris de la consistance.
  • Il a supprimé en lui tout désir, et il a transporté toutes ses aversions sur ce qui est contraire à la nature dans ce qui dépend de nous. En toutes choses ses tendances sont modérées. S’il paraît bête ou ignorant, il ne s’en inquiète pas. En un mot il se défie de lui-même comme d’un ennemi dont on craint les pièges.

 

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Marine

Salut Christopher,

Punaise, passages très forts, très inspirants, ça demande beaucoup de travail sur soi et de la pratique pour appliquer certaines choses qui semblent couler de source, vraies, et qui pourtant ne sont pas si simples que cela à pratiquer tous les jours.

Montrer l’exemple, être droit pour soi avant tout… les passages que tu cites forment une philosophie, une façon de voir la vie qui doit beaucoup la faciliter et permettre de l’apprécier et d’être « zen » un maximum.

On se rend compte que l’essentiel a déjà été dit, qu’il est connu depuis des centaines (milliers !) d’années et que pour autant, on se débat encore avec les mêmes « problèmes » humains…

Je ne connaissais pas cet ouvrage, cela donne envie de le lire en entier, merci pour cet découverte 🙂

ciao

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    Christopher Lieberherr

    Hello Marine,

    Oui, je te conseille vraiment de l’acheter. De mon côté, je l’ai déjà relu 3 fois (étant donné sa taille 🙂 ).

    A bientôt !

    Christopher

    Reply
CrazyPolyphasik

Excellent ! C’est justement le dernier bouquin que j’ai acheté 🙂
J’hésite encore à en faire mon livre de chevet ou mon livre de vadrouille vu que j’ai quasiment finis »conquérant de l’impossible » de Mike Horn. L’aspect « punchline » me pousserait à le garder pour le lire en attendant le bus ou le métro mais j’hésite encore 😉

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