Se conditionner : comment transformer le désagréable en agréable

On entend souvent la question suivante : « Pourquoi toutes les bonnes choses sont mauvaises pour notre santé ou notre en vie en général ? ».

Bah oui, ce serait bien sympathique que le McDonald nous donne notre apport journalier en nutriments et que le Coca Cola soit bon pour les dents. Imaginez, plus vous mangez de friture, de pizza et de pain, plus vous avez de chance d’avoir une belle plaque de chocolat à la place du bidon. Ce ne serait pas merveilleux ?

Mais voilà, l’univers (Dieu, Shiva, l’Architecte, le destin, le hasard, appelez-le comme vous le voulez) est un gros sadique :

  • D’un côté, il y a ce qui nous fait plaisir à court terme, mais nous fait du mal à moyen et long terme.
  • De l’autre, il a ce qui est désagréable à court terme, mais nous fait du bien à moyen et long terme.

Plus sadique que ça, on ne peut pas. L’homme est donc maudit à la recherche d’un équilibre entre un malheur et un bonheur à court et long terme.

Et si l’on refusait cette réalité ?

Est-ce vraiment l’univers qui est sadique ou simplement nous qui sommes stupides. Personnellement, j’aime toujours opter pour la seconde possibilité. Peut-être n’est-ce pas une condition innée que de ne pas aimer manger des légumes sans sucre et sel, mais un simple conditionnement.

Et si le marketing de toute cette industrie de l’alimentation fonctionnait en fait ?!  Terrible non ? Ils ne dépensent pas plusieurs centaines de milliards pour rien… peut-être que ça marche ? (Bien sûr pas sur vous… vous, vous êtes insensible au marketing, ô être supérieur). Je vous invite à regarder la vidéo dans mon article : la télévision… pourquoi pas ?

Pour cet article, je vais donc utiliser le paradigme suivant : aucun aliment n’est bon ni mauvais, mais nous avons été conditionnés à considérer un aliment bon ou mauvais. Nos goûts ne sont que le fruit d’une influence de notre groupe social.

Ce paradigme est assez facile à accepter. Nous pouvons remarquer que certains peuples mangent des aliments que nous trouvons ignobles comme les insectes ou larves par exemple. Je ne pense pas qu’un Indien ait un autre système olfactif (le goût provient majoritairement de l’odorat) que nous.

La bonne nouvelle

Non, je ne vais pas vous parler du Nouveau Testament… ni de Futurama 🙂

Blague à part, nous pouvons considérer ce conditionnement comme une bonne ou mauvaise nouvelle.

  • Mauvaise nouvelle : notre société est stupide au point de prendre plusieurs décennies pour nous habituer à manger de la m****
  • Bonne nouvelle : tout conditionnement peut être inversé.

Comment se conditionner

Je vais maintenant vous décrire le processus pour transformer le désagréable en agréable et accessoirement l’agréable en désagréable. Je vais utiliser l’exemple de la nourriture tout le long de cet article, mais vous pouvez bien sûr transposer la méthode pour d’autres choses.

1) Observer ce que l’on aime

Posez-vous les questions suivantes :

  • Pourquoi aimez-vous par exemple les frites ?
  • Le craquant, l’odeur, la chaleur, la graisse, la patate, le goût ?
  • Quand vous pensez aux frites, comment les imaginez-vous ?
  • Comment vous imaginez-vous en train de les manger ?
  • Le décor est brillant, sombre ?
  • La scène est en ralenti, en accéléré ? Vous vous voyez à la troisième personne ou à la première ?
  • Quel est votre rituel avant d’attaquer votre plat préféré

2) Observer ce que l’on n’aime pas

Posez-vous les questions suivantes :

  • Pourquoi n’aimez-vous pas par exemple les épinards ?
  • Le craquant, l’odeur, la chaleur, la texture, le goût ?
  • Quand vous pensez aux épinards, comment les imaginez-vous ?
  • Comment vous imaginez-vous en train de les manger ?
  • Le décor est brillant, sombre ?
  • La scène est en ralenti, en accéléré ? Vous vous voyez à la troisième personne ou à la première ?
  • Quel est votre rituel avant d’attaquer votre plat détesté

3) Transposer et visualiser

Vous devez maintenant transposer les caractéristiques de votre plat préféré au détesté. C’est un processus classique en PNL que je trouve très efficace. Le livre de Robbins « pouvoir illimité » est une assez bonne vulgarisation du sujet. Vous pouvez lire mon évaluation sur le bouquin aussi.

Par exemple, si vous vous imaginez mangez des frites à la 3e personne en ralenti dans une scène brillante. Imaginez-vous manger vos épinards à la 3e personne en ralenti dans une scène brillante. La transposition peut-être aussi inversée : vous imaginez votre plat préféré avec les caractéristiques du détesté.

Pour me dégoutter des frites, je me suis régulièrement exercé à imaginer quelqu’un m’étaler des frites bien grasses sur mon visage. Quelque seconde plus tard, ma peau brûle et des boutons apparaissent dans ma visualisation. En quelques séances, j’ai perdu tout appétit devant un plat de frites 🙂

se conditionner

Une illustration créative de la visualisation ! (ou d’un réseau complexe de données…)

Cette technique est efficace, mais n’est pas suffisante selon mon expérience.

4) Se conditionner intellectuellement

Une des étapes que je considère absolument capitale. Quand je veux apprendre à aimer un aliment, je mange une quantité astronomique d’informations louant les bienfaits de cet aliment.

Ayant appris les vertus incroyables du thé vert, j’ai décidé d’en boire au moins 1 litre par jour sans sucre ni rien. Pure et bien amer. Le problème, c’est que je détestais ce goût. Pendant une semaine, j’ai lu plusieurs dizaines d’articles concernant les bienfaits du thé vert et j’ai visionné quelques conférences sur le sujet. À la fin, j’étais tellement convaincu des bienfaits du thé vert, que j’avais envie d’en boire tout le temps (c’est toujours le cas).

5) Se conditionner émotionnellement

Le meilleur moyen est d’associer le terme de l’aliment à un bon souvenir. Comment ?

  • Vous pouvez trouver une personne qui adore cet aliment. De préférence une personne que vous appréciez. Faites en sorte qu’elle vous en parle souvent.
  • Trouvez une recette ou un autre moyen de consommer l’aliment. Vous finirez par trouver quelque chose qui vous plaît.
  • Regardez des images de ce plat sur internet qui donne envie. Photoshop peut être utilisé dans ce cas 🙂
  • Vous pouvez aussi demander à la personne qui adore cet aliment de vous cuisiner son plat préféré. Peu importe si vous ne sentez pas le goût de l’aliment. L’important est juste d’associer son nom et son souvenir à quelque chose d’agréable.

6) Conditionner son goût et automatiser

Si vous avez bien suivi les étapes précédentes, cette étape ne devrait pas être trop douloureuse bien qu’elle ne sera pas forcément agréable (mais bon, ça ne serait pas drôle sinon 🙂 ).

Vous allez simplement manger de cet aliment tous les jours et sans exception. Plus vous en mangerez, plus vite votre corps s’habituera.

Pour mon exemple du thé vert, j’ai souffert environ 3 jours. Maintenant, je suis incapable de me passer de son petit goût amer (miam !).

C’est avec cette technique toute simple que j’ai réussi à aimer les douches froides, à aimer le thé vert sans sucre, à aimer tous les légumes et aliments, à aimer me lever tôt, etc.

Et vous, une astuce pour transformer le désagréable en agréable ?

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Paul

Ton article est très intéressant, pragmatique et utile Christopher!

Cette méthode en 6 étapes est vraiment pratique (je pense que je l’ai appliquée de façon intuitive pour améliorer mon alimentation aussi, notamment les étapes 4 et 6).

C’est fou le pouvoir de notre esprit, n’est-ce pas? Tout serait ainsi question de perception (ex: convaincre notre cerveau que telle chose est bonne ou mauvaise).

Et pourquoi pas aller plus loin dans cette idée?

Est-ce que (par exemple) le fait de croire qu’un aliment est bon pour la santé ne jouerait-il pas un impact plus grand que la qualité intrinsèque de l’aliment?

Voici mon exemple (OK…un peu absurde 😉 ):

Qu’est-ce qui fait davantage de bien à notre corps? :

(1) Des frites dont on est persuadé qu’elles sont saines?

(2) Ou des épinards dont on est persuadé qu’ils sont malsains?

(il faudrait bien sûr que la personne ait effectivement ces convictions…par ex: une personne n’ayant jamais été exposée préalablement à ces aliments, mais à qui on aurait dit que les frites sont excellentes pour la santé et les épinards nuisibles…est-ce qu’alors cette conviction de l’esprit l’emporterait sur les valeurs nutritives intrinsèques des aliments?)

J’ai publié un article sur les croyances et comment les modifier (sur la base de l’enseignement de Tony Robbins) à l’adresse suivante:

http://secretsdusucces.com/la-puissance-des-croyances-et-comment-les-changer/

Reply
    Christopher Lieberherr

    Merci Paul pour ton commentaire !

    Je pense en effet que l’esprit est très puissant mais je ne le crois pas supérieur ni autonome face au corps. Malheureusement, de nombreuses personnes ignorantes mangent du McDonald tous les jours et meurent ensuite de graves maladies dû à l’obésité. L’exemple le plus flagrant est selon moi la cigarette dans les 50 où l’on croyait encore qu’elle était bonne pour la santé. Cela n’a pas évité une vague de cancer des poumons (terme méconnu à cette époque) et la réaction des gouvernements pour prendre des mesures d’avertissements.

    Je pense que l’effet malsain des frites sera atténué si l’on pense qu’ils sont sains mais non supprimé et encore moins inversé. Idem pour les épinards.

    Je pense alors que la pensée à un effet d’amplificateur ou d’atténuateur mais qu’il ne surpasse pas la qualité intrinsèque de l’aliment.

    Robbins expose la puissance de l’esprit mais conseille fortement aussi de s’alimenter d’une manière saine et adéquate.

    Merci pour ton lien, j’irais aujourd’hui le visiter 🙂

    A très bientôt,

    Christopher

    Reply
Paul

Je suis d’accord avec toi Christopher! Il faut voir la santé de façon holistique: donc nourrir tant son corps que son esprit de façon saine.

Ton exemple du caractère intrinsèquement nuisible de la cigarette illustre très bien le propos (les gens à l’époque croyaient-ils cependant vraiment que la cigarette était bonne pour la santé? N’était-elle pas plutôt considérée comme neutre de ce point de vue?)

Ceci dit, même si je suis d’accord avec ce que tu dis, je pense que le pouvoir d’un esprit entraîné nous réserve des surprises et est actuellement totalement sous-estimé.

Reply
    Christopher Lieberherr

    Il me semble avoir lu qu’à cette époque, on prônait que la cigarette avait réellement des effets bénéfiques pour le corps. Mais il est possible que le temps brouille mon esprit 😛

    En parlant de la force de l’esprit, je suis en train de concocter un article qui va vraiment de plaire 🙂 Et si manger n’était qu’une mauvaise habitude ? (suspens…)

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