Sommeil polyphasique : 3 ans après

Cela fait maintenant 3 ans que j’ai arrêté le sommeil polyphasique et il me semblait intéressant de partager avec vous mon regard actuel sur cette forte expérience. J’ai malheureusement dû arrêter cette pratique à cause d’une commotion cérébrale. J’ai donc dormi énormément (passé 13h par jour) durant quelques mois. Certaines personnes peuvent avancer que j’étais en état d’épuisement à cause d’un grave manque de sommeil. Personnellement, je pense que cette théorie est fausse. Avant l’accident, j’étais en pleine forme et faisait du sport quotidiennement. Ma masse musculaire augmentait normalement et mon endurance aussi.

En théorie, grâce au sommeil polyphasique, nous avons à disposition plus de 22h par jour. On en déduit facilement alors qu’on sera bien plus productif. En comparant ma productivité durant le sommeil polyphasique et ma productivité en dormant normalement, je remarque que la différence est faible, voire inexistante. Il m’était presque impossible de continuer à travailler la nuit quand j’avais déjà été très actif durant la journée. Le résultat était que j’utilisais soit la nuit comme moment de divertissement, soit je reportais le travail de la journée pour la nuit. Ce qui, pour finir, était un grand avantage. Mon emploi du temps était bien plus souple et si un événement inattendu arrivait durant la journée, j’avais l’assurance de pouvoir faire le travail nécessaire la nuit. L’autre grand avantage du travail nocturne est le calme. Étant donné que tout le monde dort, je n’avais aucun risque d’être dérangé et pouvais me concentrer sur mon travail. J’ai remarqué aussi que cette ambiance me permettait de composer bien plus facilement. Il n’était pas rare que je puisse composer une pièce de 4-5 minutes en une nuit. D’un point de vue créatif, le sommeil polyphasique est d’une grande aide.

Créativité

Ma mentalité a profondément changé. J’ai commencé à me sentir détaché du reste des gens. Vivre dans cette intemporalité me faisait sentir comme un extraterrestre. Il faut avouer que j’avais une certaine fierté et, à tort, me considérait comme supérieur à la moyenne (la jeunesse… je vous dis…). J’ai décidé de mettre mon premier article sur le sommeil polyphasique sur ce blog, car je pense que c’est un bon indicateur de ma mentalité durant l’expérience. Quand j’ai écrit l’article, je devais en être à environ 6 mois.

Je pense que la plus grande difficulté dans cette expérience est l’état psychologique. Faire ces siestes qui vous semblent presque à chaque fois comme une nuit de 8h est extrêmement déstabilisant. Si j’essaie de me souvenir de cette période, la réalité que j’ai vécue et les rêves que j’ai eus s’entremêlent. C’est vraiment étrange et difficile à expliquer. Comme si mon cerveau jugeait le monde onirique et physique comme indissociable durant cette période. Malheureusement, la capacité à vivre des rêves lucides a disparu en même temps que l’arrêt du sommeil polyphasique.

Le grand avantage de cette expérience est ma capacité à dormir absolument n’importe où. Étant donné que j’ai dû apprendre à dormir par terre, assis, dehors, dans des endroits bruyants… pour faire mes siestes, j’arrive maintenant à m’endormir facilement, peu importe la situation. Avant cette expérience, il me fallait dormir dans mon lit, être plongé dans le noir total et n’entendre aucun bruit. J’arrive maintenant dormir assis sur le moteur d’un petit bateau en plein milieu de la journée. C’est pratique. Quant à l’ancrage pour m’endormir, je dois avouer qu’il est resté intact. Si je dors couché, je prendrai toujours cette même position.

Bref, est-ce que je vais retenter l’expérience ? Eh bien… peut-être… Je ne pense pas que ce type de sommeil soit réellement utile à très long terme. Premièrement, la productivité n’est pas réellement plus grande. Deuxièmement, devoir dormir tous les 4h n’est vraiment pas pratique.Troisièmement, le décalage psychologique qui en découle n’est, selon mon point de vue, vraiment pas sain.

Toutefois, je pense que le sommeil polyphasique est un outil puissant. Il n’est pas rare dans certaines professions de devoir faire un sprint pour terminer une tâche. Au lieu de se détruire la santé en carburant au café, il serait tout à fait imaginable de pratiquer le sommeil polyphasique durant une période de 1 à 2 mois. Selon moi, la semaine d’adaptation devrait être plus aisée à chaque nouvelle tentative. On peut dire que c’est un bon outil pour atteindre des objectifs à court terme.

Si cette expérience était à refaire, je la ferais à nouveau avec plaisir. Vivre une période avec une telle intensité est incroyable. Grâce à cette épreuve, j’ai découvert de nouvelles limites et des facettes de ma personnalité que je n’avais jamais explorées. Par contre, un conseil, je vous déconseillerais cette pratique si vous n’avez pas une réelle motivation. C’est difficile et éprouvant non seulement d’un point de vue physique, mais aussi d’un point de vue psychologique et moral. Si vous ne connaissez pas la raison profonde pour laquelle vous le faites, il est très probable que vous abandonniez en cours de route. Vous aurez ainsi perdu temps et énergie.

PS. N’hésitez pas à rejoindre notre groupe Facebook sur le sommeil polyphasique si vous voulez recevoir d’autres conseils sur cette pratique ou simplement recevoir une belle dose de motivation !


On me contacte très souvent pour me poser un certain nombre de questions concernant cette activité. Mon pote Damien Fauché a justement écrit un livre sur son expérience du sommeil polyphasique. Si vous êtes intéressé par cette pratique, je ne peux que vous conseiller d’investir dans ce livre !

sommeil polyphasique

Click Here to Leave a Comment Below

elianehebert

A vivre l’expérience si je te comprends bien que dans les grands moments de créativité. A découvrir si l’on est jeune et bien dans sa peau. J’apprécie le fait que tu en parles, mais j’aurais été incapable de vivre cet état, j’aurais eu trop peur de sombrer dans la « folie ».

Reply
    Christopher Lieberherr

    Hello Eliane,

    Oui exactement, je pense que c’est plus un outil qu’un moyen de vivre en soi.

    Non je ne pense pas que l’on puisse sombrer dans la folie avec cette technique, mais en effet elle est vraiment éprouvante d’un point de vue psychologique. Au pire, on arrête la pratique, je pense.

    Reply
Sara

Bonjour

Je viens de débuter le sommeil polyphasique (méthode Everyman). Malheureusement, il m’est impossible de faire une sieste à midi. Est-ce grave de se contenter d’un core-sleep de 00.00 à 03.30 et de seulement deux siestes (à 06.00 et à 18.00)? Que me conseillez-vous?

Reply
    Christopher Lieberherr

    Bonjour Sara,

    Malheureusement oui. Vous n’arriverez pas à tenir en loupant une sieste par jour. Vous risquez d’accumuler de la fatigue. Je vous conseille soit de vous organiser pour en placer une troisième, soit de ne pas faire le sommeil polyphasique.

    Reply
Leave a Reply: