Le sommeil polyphasique : mon expérience

J’ai écrit cet article en 2011 pendant ma pratique du sommeil polyphasique. Même si sur certains points je ne suis plus réellement d’accord avec moi, particulièrement dans la section « implication philosophique » où mon point de vue est trop manichéen, je trouvais intéressant de partager avec vous mon vécu durant l’expérience. Cet article a été pour la première fois publié sur le blog de Romain Rivière (qui n’existe malheureusement plus) qui était mon colocataire à ce moment-là. Je vais donc aussi intégrer sa préface.

Préface par Romain Rivière

Lorsque Christopher a décidé de se lancer dans l’aventure du sommeil polyphasique, j’ai eu du mal à croire qu’il parviendrait à tenir le rythme. Mais aujourd’hui force est de constater qu’il a acquis une grande maîtrise de son sommeil et qu’il réussit à jongler entre les différents modes de sommeil avec une facilité déconcertante.

La première fois que l’on vous parle de sommeil polyphasique, le réflexe instinctif est celui du rejet ou de la crainte tant le concept est inhabituel. Mais rapidement les preuves s’accumulent et l’on se rend compte d’une seule chose : ça fonctionne.

Je n’ai pas tenté l’aventure avec Christopher, car mon rythme de vie — au travail principalement — était totalement incompatible avec l’adoption d’un sommeil morcelé. J’ai eu cependant l’occasion de suivre au jour le jour l’évolution de son comportement (nous sommes colocataires) face à ce qui deviendra un mode de vie plus qu’une simple technique de sommeil, tout comme le végétarisme n’est pas un seul régime alimentaire.

Je conseille à tous ceux qui pensent avoir besoin de temps supplémentaire pour réaliser certaines choses d’expérimenter ce mode de vie alternatif. Il faudra cependant comme l’explique Christopher avoir le cran de faire face à toutes les personnes qui tenteront d’entamer votre motivation.

J’ai proposé à Christopher d’écrire ce texte afin de recenser les expériences qu’il n’avait pas trouvé dans la documentation qu’il a épluché pendant sa phase d’adaptation. Ces quelques conseils et expériences vous aideront à savoir si vous avez véritablement le courage de suivre ce rythme, ou alors si vous commencez le sommeil polyphasique et que vous voulez quelques conseils afin de mieux le vivre.

L’article en question

Le sommeil polyphasique consiste à diviser son sommeil en plusieurs parties dans le but de pouvoir se contenter de 1h30 à 4 heures de sommeil par tranche de 24 heures. Je ne m’attarderai pas sur sa description étant donné qu’il y a suffisamment d’articles étoffés sur le sujet. (cf. Steve Pavlina, Wikipédia, la fabrique à idée ou le e-book de PurDoxyk).

Cet article a pour objectif d’enrichir les connaissances sur ce sujet en partageant mes diverses expériences et observations. Il est donc important de noter que votre expérience pourra être sensiblement différente de la mienne. Cependant, en comparant les textes parus sur le sujet, on peut constater une grande similarité.

Je pratique le sommeil polyphasique depuis maintenant 6 mois. La première semaine en mode Überman (6 siestes de 20 minutes chacune espacées de 4 heures d’éveil). 1 mois de sommeil Everyman (une grande sieste de 3h + 3 siestes de 20 minutes dans la journée (espacé d’environ 5 heures 30). Puis, à nouveau 2 mois de sommeil Überman où j’ai réduit à 15 minutes mes siestes durant le deuxième mois. Et enfin, actuellement, une grande sieste de 3 heures + 2 siestes dans la journée. Le meilleur rapport trouvé entre temps et sociabilité.


Uberman

Everyman

La traversée du Rubicon

Il est bien sûr nécessaire de fournir un effort pour atteindre ce nouveau mode de vie. Notre habitude de sommeil confortablement acquise en plusieurs décennies se voit fondue et coulée en une multitude de moules. Cela ne se fait donc malheureusement pas sans peine.

Dans la communauté du sommeil polyphasique, on parle souvent d’une semaine d’adaptation où l’on souffre d’un manque de sommeil épouvantable jusqu’à ce que le corps « apprenne » ce nouveau rythme de vie. En effet, ce passage est obligatoire et l’un des plus importants, mais pas l’unique.

sommeil polyphasique

Il y aura trois vallées de différentes longueurs et hauteurs à gravir.

Physique

La plus évidente semble la semaine d’adaptation. On peut considérer avoir traversé cette étape le jour où les rêves deviennent réguliers durant les courtes siestes. Habituellement, les rêves apparaissent entre le cinquième et le sixième jour. Il n’y a pas de conseil particulier pour réussir à part répondre aux critères alimentaires (expliqués ci-dessous), une bonne dose de volonté et prendre une semaine de vacances loin de toutes les personnes étroites d’esprit susceptibles d’annihiler votre enthousiasme par leurs craintes infondées.

Un partenaire avec qui faire l’expérience est essentiel surtout durant le quatrième jour où la fatigue devient insupportable. Si cela est impossible je vous conseille le réveil « sonic bomb », ce monstre peut sonner jusqu’à 113dB et est muni d’une capsule qui se mettra en vibration sous votre oreiller. Ajoutez à cela deux autres réveils, tous réglés sur la même heure, que vous changerez d’emplacement avant chaque sieste. Cela évitera la réponse automatique de votre corps qui éteint les réveils sans que vous vous soyez réellement levé. Les réveils ne seront bien sûr pas agréables, mais vous serez levé à coup sûr.

Comme dit précédemment, certaines habitudes alimentaires devront être modifiées pour avoir l’assurance que la semaine d’adaptation se solde par une réussite.

Si vous avez du surpoids, oubliez tout de suite ou prenez un bon abonnement dans une salle de sport et on en rediscutera. En effet, étant donnée la quantité de sommeil, le corps ne peut plus utiliser ce temps pour la digestion, il doit uniquement se concentrer vers la régénération. Durant l’adaptation et même après, privilégiez les repas multiples et légers. Les 3 repas par jour devront être fragmentés en 6 minimum. Si vous devez faire un gros repas (un repas de fête par exemple), essayez soit de passer en mode Everyman et de faire le repas juste après la sieste, soit d’ajouter une 7e sieste en mode Überman.

Quotidiennement, privilégier les fruits et légumes, la viande est souvent source de fatigue.

D’un autre côté, au réveil d’une sieste, on peut ressentir une faim extrêmement forte comme si l’on venait de passer une nuit de 8 heures où l’on aurait oublié de manger le soir d’avant. Et cela même si l’on vient juste de manger avant la sieste (ce qui n’est pas bien). Personnellement, je me suis donc jeté sur la nourriture à chaque réveil. Du coup, je mangeais de plus en plus et mes siestes étaient de moins en moins réparatrices. En fait, cette « faim » disparaît mystérieusement environ 20 minutes après la sieste ou en buvant une boisson légèrement sucrée. Après plusieurs mois ce problème est toujours présent…

Côté boisson, privilégiez l’eau, rarement une boisson sucrée et jamais au grand jamais une boisson contenant de la théine ou de la caféine ou n’importe quel excitant qui ne vous seront de plus aucune utilité. Même si après ingestion d’un excitant il est possible de s’endormir, les siestes seront moins réparatrices et vous entrerez dans le cercle vicieux de compenser ce manque de sommeil par un nouvel excitant. Je rappelle que le but de ce rythme de sommeil est d’avoir plus de temps, mais aussi une énergie stable et constante (on ne le souligne souvent pas assez).

Si vous êtes vraiment dépendant, un café le matin peut être envisagé avec le cycle everyman, étant donné qu’il ne comporte que 2 à 3 siestes. En revanche, vous devrez être extrêmement rigoureux si vous pratiquez l’ÜbermanSleep.

Côté alcool, une consommation légère est tolérée. J’ai même expérimenté à plusieurs reprises qu’après une forte consommation la sieste ne semble pas altérée… Par contre, la gueule de bois dure plus de 24 heures…

Étant donné que la nicotine est un excitant, fumer empêche la réussite du sommeil polyphasique. Le seul fait de fumer un demi-paquet durant une soirée peut ébranler votre cycle durant plusieurs jours. Comme remplacement vous pouvez vous mettre à la e-cigarette, mais sans nicotine ajoutée, vu que c’est un excitant. Il est bien sûr possible prendre de petites doses, mais évitez de fumer 2 heures avant la sieste.

Psychologique

Sur ce point, je tiens à préciser que je tente cette expérience durant un cursus universitaire. Après la semaine d’adaptation, j’ai recommencé exactement la même vie, mais sans dormir.

Le rêve aura une place grandissante dans votre vie. En effet, il change de nature, il devient beaucoup plus vivant, riche et présent. Il est aussi possible certaines fois de pouvoir prendre le contrôle de ses rêves pour les moduler à sa guise. Ses fréquences augmentent aussi vu que vous en ferez six fois par jour. Il est donc difficile de trouver un équilibre psychologique durant le premier mois. Je me suis souvent surpris à attendre ma prochaine sieste en considérant la réalité comme l’obligatoire et contraignante traversée d’un pont entre deux vallées oniriques. Le rapprochement entre ce ressenti et la dépendance à un produit peut être fait.

Hypnose paraliminal

Le sentiment d’intemporalité absolument magique peut être déstabilisant au début de l’expérience. En effet, dans le mode Überman (6 ◊ 20), la notion de journée est perdue. À cause de cela, certaines tâches routinières peuvent facilement être oubliées comme se doucher, se laver les dents ou prendre son petit-déjeuner. Le même phénomène peut être vécu pour des rendez-vous plus importants. Étant donné que le ressenti est celui d’un jour éternel, toute notion de jour ou semaine devient absurde à vos yeux. Cette perception du temps donne un sentiment d’euphorie constant. L’intime sensation que le monde n’est qu’une grande pièce de théâtre où notre rôle n’est que celui du vulgaire figurant dominé par le triste dictat du remplaçable donne la sensation d’être invincible voir intouchable. Ce sentiment peut devenir extrêmement dangereux surtout le jour où, par obligation, on manque une sieste. La sensation d’inexistence combinée à la fatigue m’a poussé plusieurs fois à vouloir sauter sous un train, non par malheur, mais par le sentiment intime d’une non-cohérence de la vie. Je n’ai rien lu de tel par les autres dormeurs polyphasiques et ce constat est inquiétant. Merci de me contacter si une telle expérience vous est arrivée. Heureusement, la perception devient maîtrisable après un mois, par contre, elle ne disparaît pas.

Les souvenirs peuvent aussi devenir imprécis à cause des deux effets cités ci-dessus. Premièrement, du fait de l’intemporalité, il devient extrêmement difficile de pouvoir catégoriser une expérience dans le flux continu qu’est devenue notre vie. Deuxièmement, il peut devenir ardu de séparer la réalité vécue et le rêve. Le souvenir devient donc une image floue impossible à placer dans une suite cohérente d’actions passées et futures, comme quand on tente de se souvenir d’un rêve…

Sociale

Même si on tente de le cacher, notre comportement changera indubitablement. Tout d’abord, le fait de devoir stopper toute activité durant 20 minutes (ou plutôt 25 minutes, il faut compter plus ou moins 5 minutes pour s’endormir et émerger du sommeil) toutes les quatre heures ne peut être longtemps camouflé par des excuses vaseuses. Il vous faudra donc expliquer à la plupart des gens que vous rencontrerez pour avoir l’assurance d’une sieste sans interruption.

S’en suivra la malheureuse constatation de vivre dans un monde de moutons effrayés par la moindre perturbation de leur vision stagnante de l’existence. Trois catégories de réactions se dégagent.

Le comportement le plus agréable sera celui de l’admirateur curieux. Il questionnera énormément sur le sujet, cela peut devenir fatigant quand les explications de votre nouveau mode de vie se compteront par centaines. Ces personnes seront vos plus chères alliées pour réussir à stabiliser votre nouvelle vie et à trouver un endroit pour vos siestes.

Le soucieux bienveillant aura aussi de bonnes intentions et pourra aussi vous être utile pour trouver un abri de fortune afin d’écouler vos 20 minutes. Par contre, le prix sera une constante inquiétude sur votre état de santé et une fixation presque obsessionnelle sur le moindre signe de fatigue ou de faiblesse. Bien que la fatigue soit quasiment absente, aucun être humain n’est à l’abri d’une chute d’énergie suite à un plat trop gras, d’un choc émotionnel ou simplement au fait d’avoir eu une mauvaise sieste. À ce moment où le réconfort ne serait pas un luxe inutile, le soucieux se fera une joie de couler votre moral dans l’abîme le plus profond avec ses milliers de recommandations. Il est donc important d’avoir connaissance de ce type de personnes et d’éviter leur présence lors d’un passage difficile.

Le sceptique omniscient sera à éloigner le plus possible. Ces personnes ont l’intime conviction que ce mode de vie est néfaste. Ils vous citeront orgueilleusement la fameuse semaine précédant leur examen où ils n’avaient dormi que 3 ou 4 heures par jour, et le prix terrible de leur inconscience. L’argumentation sera vaine et même par la preuve ultime de votre existence, il prétextera une physiologie non naturelle ou une consommation accélérée du capital santé. La mauvaise foi sera leur mot d’ordre et la fermeture d’esprit leur cri de rassemblement. La distance se fera automatiquement.

Il est donc possible que votre cercle social évolue. Une vision inédite de la vie donne un autre regard sur ses congénères et réciproquement. Si votre entourage est composé d’une majorité de sceptiques omniscients, le sommeil polyphasique vous sera extrêmement bénéfique. Non seulement ces gens sont désagréables, mais en plus, n’apportent absolument rien dans la vie de leur entourage. Vous n’en tirerez qu’un avantage à les voir disparaître.

La seconde évolution sociale sera causée par vous-même. Le fait d’ajouter dans chaque journée six à huit heures de solitude changera sensiblement votre caractère. Si l’expérience se prolonge, un certain goût pour le nectar exquis d’une nuit silencieuse naîtra. Le monde semblera plus bruyant, désordonné, abrutissant, un univers où chaque action paraît précipitée et irréfléchie. Un désir d’isolement grandira et la probabilité que votre comportement froisse plus d’une personne sera grande. Ce changement aura pour conséquence une grande introspection et une bien meilleure connaissance de soi-même. La créativité semble aussi s’améliorer. Il est difficile de savoir si cela tient au nombre d’heures ajoutées dans la journée ou à la plus grande fréquence des rêves connus pour être une source d’inspiration intarissable. Il est donc important de considérer l’isolement comme un futur proche de votre existence.

Les limites du système

Le sommeil polyphasique est directement relié à trois répartitions. L’Überman (6 ◊ 20), l’Everyman (3+2 à 3 ◊ 20) et enfin la Dymaxion dont l’efficacité n’a pas réellement été prouvée en raison de ses étranges siestes de 30 minutes (4 ◊ 30). Après avoir accédé à la capacité de raccourcir son cycle en 20 minutes de pur sommeil REM (Rapid Eyes Movement), il est naturel de se questionner sur l’existence d’autres agencements ou d’une encore plus grande efficacité de son sommeil.

La durée minimale d’une sieste est de 15 minutes. Si vous voulez atteindre cet idéal, au total 1h30 par jour, vous devez être extrêmement strict avec vous-même. Cela signifie une très grande ponctualité de sommeil (une marge de 15 minutes au grand maximum), une hygiène de vie impeccable, l’assurance de ne jamais être perturbé durant vos siestes et une grande stabilité émotionnelle.

En dessous de 15 minutes, le corps se régénère aussi, mais de manière incomplète. On peut nommer ces siestes des microsiestes ou demi-siestes. Vous pouvez parfaitement remplacer une sieste de 15 minutes par 2 siestes de 10 minutes espacées de 2 heures. Elles peuvent aussi être utilisées comme aide durant la phase d’adaptation où durant une période de maladie ou de stress.

Il est aussi possible de mettre son corps en inertie sans pour autant entrer en phase REM. L’état sera proche d’une relaxation intense et peut être pratiqué dans un milieu extrêmement bruyant dans absolument n’importe quelle position. Le repos sera le même que pour une demi-sieste de 10 minutes.

Au-delà de 25 minutes, les siestes deviennent nocives. Se réveiller devient un calvaire et le cycle éveillé suivant est extrêmement éprouvant. Il faudra attendre 2 à 3 siestes pour rétablir l’équilibre. En mode Everyman, il est possible exceptionnellement de faire une sieste de 1h30 vu que ce cycle reste présent dans votre corps avec la grande sieste de 3 heures.

L’ajout d’une sieste durant la journée est possible. En revanche, on ne peut le faire deux jours d’affilée de peur que le corps prenne l’habitude de dormir à cette heure et donc d’y ressentir un « appel de sieste » (une fatigue temporaire de 15 à 30 minutes, mais puissante au point de vous rendre inefficace durant ce laps de temps).

En mode Everyman, allonger la sieste principale (de 3 heures) de plus de 30 minutes vous videra de vos forces durant toute la journée malgré toutes les siestes supplémentaires que vous rajouterez.

Ce rythme de sommeil demande donc une grande discipline qui vous forcera à entrecouper votre journée en 3 au minimum. Dormir 8 heures d’affilée est impossible même après avoir ingéré une forte dose d’alcool ou autre drogue.

Où dormir

Trouver un endroit où dormir n’est pas toujours facile. En tant qu’étudiant je rencontre ce problème constamment. La solution est de se faire une liste de planques et de pouvoir compter sur d’excellents réducteurs de bruit.

Sommeil polyphasique

Un vendeur pratiquant le sommeil polyphasique… ou pas !

Tout d’abord, abandonnez votre lit. Ce meuble est chargé trop fortement du souvenir de vos paresses nocturnes. Dormir dans votre lit, c’est prendre le risque de détruire tout votre travail (après une parfaite adaptation ce n’est plus un problème) et avoir l’assurance d’avoir un lever plus contraignant psychologiquement. Ce problème est quasi inexistant si vous dormez dans un lit étranger (en ne l’utilisant qu’exceptionnellement). J’ai aussi remarqué que les siestes sont plus réparatrices sur un simple tapis de sol. Cela vous donnera aussi la capacité de dormir dans les endroits les plus insolites.

Le fait de pouvoir dormir assis est un immense avantage. Ainsi, apprendre à s’endormir dans cette position est essentiel. Pour l’anecdote, durant le Moyen-Âge tout le monde dormait en position assise de peur de prendre la position du mort. Il est donc tout à fait possible de dormir parfaitement ainsi. Vos premières siestes assises seront sûrement des échecs. Pour cela, il est conseillé de prendre un jour de congé est de faire ses 6 siestes dans cette position. Si une sieste est réussie, les suivantes réussiront aussi. Il est cependant impossible de faire cela durant plusieurs jours, car le dos peut devenir extrêmement douloureux. Pour une efficacité maximale, vous pouvez acheter un casque isolant de chantier. Psychologiquement, on ne ressentira pas la même sensation reposante qu’une sieste en position couchée. À utiliser donc avec parcimonie.

L’ancrage peut être le meilleur outil pour un assoupissement instantané. Il faut adopter une position spécifique très précise et ne plus bouger avant l’endormissement. Cette position devra être exactement reproduite à chaque sieste. Au cours du temps, dès que votre corps adoptera cette position, vous vous endormirez instantanément. Il sera aussi possible de se coucher dans une position légèrement différente et de rester éveillé. Il est possible aussi d’utiliser un ancrage sonore. Pour cela, il faut suffit d’écouter un bruit ambiant spécifique pendant votre endormissement comme un bruit marin, le vent qui souffle, le crépitement du feu ou un simple bruit blanc. Cet ancrage peut être très efficace pour les siestes assises au milieu d’environnements mouvementés.

Implication philosophique

Le sommeil polyphasique est donc un choix de vie à ne pas prendre à la légère. Non seulement l’acte de dormir se réduira dans votre vie au même besoin que celui de faire ses besoins, mais votre psyché, votre milieu social et votre rapport à vous-même changeront à jamais. C’est une traversée unique, une expérience exceptionnelle qui modifiera à jamais votre perception du monde, mais aussi le sacrifice de votre confortable médiocrité pour une destination inconnue. La sensation d’être un funambule sans jamais savoir de quel côté l’on tombera. Est-ce le summum de l’ambition quasi pathologique de notre monde occidental ? Au contraire, c’est une libération de l’homme face au joug écrasant du temps. Une liberté effrayante, qui demande une nouvelle responsabilité, un risque constant et surtout, une totale non-connaissance de son avenir.

Comme dit précédemment, le terme pour désigner la répartition la plus extrême (6 ◊ 20) est « ÜbermanSleep », traduit par le sommeil du Surhomme. Cette désignation nous rapproche à nouveau de Nietzsche et de son concept du Surhumain.

Il est possible de voir cette technique comme une échelle à disposition pour gravir le sommet où siège l’homme nouveau. Je me risque dans cette proposition, car ses fruits me semblent d’une nature unique. Un homme vivant 50 ans en ne dormant que 2 heures par jour, aura la possibilité d’accomplir bien plus. En outre, il aura une compréhension de lui-même plus intime, les souffrances causées par son adaptation le rendront plus volontaire, le calme de ses longues nuits solitaires se répercutera sur son caractère, le sentiment d’être marginal à sa société grégaire le rendra plus fort et plus lucide, la sensation d’intemporalité changera sa perception des choses par un regard inédit et enfin, réussir à vaincre la croyance dogmatique envers le sommeil lui conférera une ouverture d’esprit et l’intime conviction qu’absolument rien n’est impossible. Grâce à cette dernière transformation, la constante innovation sera sa plus proche voisine. N’est-ce pas cela le génie, un regard différent, une vision inédite ou peut-être un simple trou fugitif dans nos épaisses œillères ?

Malheureusement, tout a un prix, et le prix de cette évolution est la solitude. Non seulement physique, mais surtout sociale. Le nombre d’expériences vécues en commun déterminera la capacité d’empathie entre les deux individus. Le sommeil est une des expériences les plus courantes avec le cycle alimentaire, la sexualité et le rapport avec la mort. Il sera donc impossible que votre entourage comprenne votre vie, pire, vos souffrances, car elles seront d’une autre nature. Réciproquement, il vous sera extrêmement difficile de vous rappeler de votre ancienne existence et de vous mettre ainsi à la place de vos congénères. Un fossé infranchissable se creusera et votre regard sur l’autre bord se fera toujours plus rare.

Bien sûr, ce sentiment de solitude peut être engendré par de nombreuses autres expériences que le sommeil polyphasique. Il est aussi possible de voir la problématique à revers. La majorité des gens, même après avoir pris connaissance de cette incroyable capacité de leur corps, ne seront jamais intéressés, obsédés par un moyen de fuir la réalité dans l’abîme de l’inconscience. Il est donc fort probable que la petite minorité intriguée par ce processus soit déjà marginale au reste du monde. Ce sentiment ne doit sûrement pas leur être inconnu et l’aspiration quasi pathologique à une évolution, une amélioration constante de leur vie et de l’humanité en général leur ont causé déjà de longues nuits de solitude remplies d’incompréhension devant un monde gavé d’une cyclique et stagnante médiocrité.

Objectifs à long terme

En vivant ainsi, cette plaie sera encore plus élargie. Mais elle sera aussi accompagnée du sentiment de répondre enfin à cette nécessité intérieure d’appartenir à cette vague de pionniers qui sacrifient leur vie non pas pour l’honneur, la gloire, l’argent ou le pouvoir, mais uniquement pour prouver à l’univers que l’Homme peut être plus. Que l’Homme, actuellement, n’est qu’une transition vers quelque chose de plus grand et noble, qu’il n’a pas l’obligation de jouer éternellement aux mêmes égarements. Si la perfection est un sommet il est normal que les hommes se fassent plus rares à chaque pierre gravie, mais le nombre de nos semblables, lui, accroîtra.

Un dernier mot

Si vous êtes réellement intéressé par pratiquer le sommeil polyphasique, je vous conseille de rejoindre notre groupe Facebook. Les membres vous donnerons des conseils supplémentaires et pourront vous motiver suffisamment pour que vous puissiez réussir cet incroyable défi !

Je vous conseille aussi de lire mon article donnant des conseils pour passer la semaine d’adaptation.


On me contacte très souvent pour me poser un certain nombre de questions concernant cette activité. Mon pote Damien Fauché a justement écrit un livre sur son expérience du sommeil polyphasique. Si vous êtes intéressé par cette pratique, je ne peux que vous conseiller d’investir dans ce livre !

sommeil polyphasique

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elianehebert

Wouahhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!!!!!!! C’est une expérience intéressante. C’est bien de l’avoir mené. J’apprécie la sincérité de ton article, l’expression de tes ressentis, cette quête du sens de l’homme. Mais cela reste compliqué de vivre complétement ce rythme et de l’inscrire dans la durée. Tu m’impressionnes. Bravo.

Reply
    Christopher Lieberherr

    Merci pour ton commentaire 🙂

    Oui c’est très compliqué à vivre en effet !

    A bientôt !

    Christopher

    Reply
Thibault Miranda

Bonsoir Christopher.
Je suis tombé sur le sommeil polyphasique un soir, en cherchant un moyen d’optimiser mon temps de vie. Je ne m’attendais vraiment pas à tomber sur une méthode correspondant à ce point à mes attentes. Je suis actuellement en periode d’adaptation, et j’aimerai beaucoup te poser quelques questions et pouvoir comparer notre vision du polyphasique. Peut être pouvons nous discuter via Skype ou un chan IRC ?

Reply
Lauret Emmanuel

Vraiment très intéressent . Je veux le faire donc je vais le faire mais d’ici deux semaine après mes exam sinon la première semaine qui semble être la plus difficile va m’achever . Jaimerais avant de commencer te poser des petites question si tu veux bien

Reply
    Christopher Lieberherr

    Hello, je te réponds soit aujourd’hui soit demain 🙂

    A bientôt,

    Christopher

    Reply
Jérémy

Bonjour

Merci de tous ces conseils et ressentis !

J’aimerais beaucoup tenter l’expérience, mais je me demandais si après la semaine d’adaptation, le sommeil polyphasique était compatible avec la musculation (3 séances par semaine) par exemple avec la méthode lafay. Est-ce dangereux pour le corps ?

De plus, je souhaiterais développer un programme de prise de masse, riche en protéines. Peut-on vraiment lier ces deux activités ?

Merci,
Jérémy

Reply
    Christopher Lieberherr

    Bonjour Jérémy,

    Alors j’ai pratiqué la méthode Lafay pendant le sommeil polyphasique.

    Malheureusement, je ne recherchais pas la masse, mais la performance. J’ai réussi à augmenter le nombre de répétition sans problème.

    Ensuite, pour la prise de masse on conseille d’être dans un état anabolique constant… Est-ce que cela ne diminuerait pas la qualité des siestes ?

    Intuitivement, je dirais que le sommeil polyphasique ne semble pas en accord avec une prise de masse conséquente. Mais ce n’est qu’une supposition.

    A très bientôt,

    Christopher

    Reply
      Jérémy

      Merci pour ce retour Christopher !

      Quand je parle de prise de masse, je veux dire entre 5 kg et 10 kg étalé éventuellement sur quelques mois.

      En tout cas, c’est vraiment génial de se dire que l’on peut continuer ses activités sportives tout en dormant moins. C’est un style de vie que j’aime !

      Je suis prêt à tenter l’expérience pendant 30 jours. Je vais essayer everyman 3 , car la siesta de 6 h, je la connais déjà, je suis en prépa et on dort deja pas beaucoup ^^

      En tout cas, merci pour tous ces conseils et cette précieuse expérience :d

      A Bientôt,

      Jérémy

      Reply
        Christopher Lieberherr

        Hello Jérémy,

        C’est pas mal déjà 10kg de muscle !

        Oui, 30 jours, ça peut déjà te donner un bon feed-back. Ensuite, c’est normal que les premières semaines soient plus dures… L’everyman prend un peu plus de temps à se mettre en place, compte 2 semaines pour être tout à fait performant.

        Je te déconseille par contre de faire du sport durant la première semaine d’adaptation.

        N’hésite pas si tu as d’autres questions maintenant ou durant ta pratique 🙂

        A bientôt,

        Christopher

        Reply
Sara

Bonjour!

Merci beaucoup pour votre article, je suis fan!

J’ai lu partout que la méthode Everyman nécessitait 3h de core sleep et 3 siestes de 20 minutes. Mais je suis heureuse de lire dans votre article qu’il est possible de faire un core sleep de 3h + seulement 2 siestes, car avec mon mode de vie je n’arrive pas à inclure une 3ème sieste. Mon planning:

core sleep: 00.00-03.00
1ere sieste: 07.30
2ème sieste: 17.30

Est-ce que cela vous semble faisable?

Autre petite question: est-ce que c’est 20 minutes de sieste à partir du moment où on s’endort? Ou à partir du moment où on se couche, même si on ne s’endort pas immédiatement?

Merci beaucoup pour votre réponse!

Sara

Reply
    Christopher Lieberherr

    Bonjour Sara,

    Votre 1ère sieste et 2ème sont très espacées (12h !).

    Je pense qu’il sera difficile de ne pas avoir un petit « coup de pompe » vers 16h. Ensuite, il faut essayer. Tous les corps sont différents ! Si cela ne marche pas, il faudra essayer de faire la sieste de 7:30 peut-être un peu plus tard…

    20 minutes au moment où l’on s’endort MAIS vous verrez qu’une fois votre corps habitué, vous vous endormirez en seulement quelques secondes (et je n’exagère pas !).

    Bonne chance pour votre expérimentation et tenez-moi au courant ! Je suis très curieux de savoir si un tel espacement entre deux siestes est possible sans ressentir de fatigue.

    A très bientôt,

    Christopher

    Reply
Téo

Bonjour,
Merci pour ce partage ! Je me suis récemment intéressé au sommeil polyphasique (méthode everyman surtout) et j’ai commencé à faire le tour des témoignages de gens qui ont testé l’expérience…
C’est l’article qui m’a le plus appris et intéressé ^^

Ceci dit, j’ai entendu que cette expérience était déconseillée pour les moins de 25 ans, par rapport au développement complet du corps et d’éventuels dysfonctionnement. Est-ce qu’il y a vraiment des risques à essayer plus tôt ? Perso, j’ai 20 ans mais je pense que ce conseil s’applique plus pour les adolescents en phase de croissance…

Merci !
Téo

Reply
    Christopher Lieberherr

    Bonjour Téo et merci pour ton commentaire !

    J’ai initié le sommeil polyphasique à l’âge de 20 ans. Je n’ai eu aucun problème lié à la croissance ni eu aucune séquelle. Ensuite, je ne suis pas très grand mais c’est plutôt une question de génétique que de sommeil 😀

    A bientôt !

    Christopher

    Reply
      Téo

      Merci pour la réponse 😀

      Ok, je pense commencer l’expérience d’ici un mois… On verra ce que ça donne ^^
      Merci pour le retour !

      Téo

      Reply
        Christopher Lieberherr

        D’accord, bonne chance et surtout, fais en sorte d’adapter ton environnement pour ta semaine d’adaptation !

        A bientôt,

        Christopher

        Reply
Louis

Bonjour Christopher,
Je me demandais si le fait d’expérimenter le sommeil polyphasique à 15 ans aurait un impact sur la croissance ou autre.
Bonne journée,
Louis

Reply
    Christopher Lieberherr

    Bonjour Louis,

    Malheureusement il n’y a pas de données scientifiques dessus. Je l’ai expérimenté pour la première fois à 19 ans et je n’ai pas eu de problèmes.

    N’hésite pas d’aller sur notre page Facebook et de demander aux membres. Peut-être qu’ils ont plus d’informations. https://www.facebook.com/groups/1696564467226363/?fref=ts

    A bientôt,

    Christopher

    Reply
      Louis

      Bonsoir,
      Merci de votre réponse, je vais aller voir et essayer de m’y mettre.
      A bientôt,
      Louis.

      Reply
        Christopher Lieberherr

        Bonsoir !
        Bon courage !
        A bientôt,

        Christopher

        Reply
Freyburger

Tout d’abord merci pour ces deux articles, ce sont les plus complets que j’ai pu trouvé sur le web.

Depuis quelques mois j’entends parler de ça sur le net mais maintenant j’ai vraiment envie de me lancer car je suis en vacance jusqu’en septembre.. Et justement cela doit sûrement vous faire penser a qqch. J’ai 15 ans et je vais passer en 2nde, mon sommeil est assez irrégulier en période de cours mais j’étais en forme quand je dormais en 23h-7h.

Je n’ai rien trouvé sur le web qui parle des adolescents et de ce sommeil et c’est pour cela que je te demande ici ce que tu en penses. Je fais quasiment 1m80 pour 63 kg, j’ai finis ma puberté et je suis plutôt un couche tard hors cours. J’aimerais faire le Everyman.

Merci par avance !
Maxime

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    Christopher Lieberherr

    Bonjour Maxime,

    Difficile à dire comment se passe le sommeil polyphasique pour un adolescent. Il n’y a pas de données sur le sujet à ma connaissance. Etant donné que tu es encore en croissance, je te conseillerais d’attendre au moins tes 18 ans, par précaution.

    Merci à toi !

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lolay

bonsoir christophe
article tres interessant cependant une question me taraude…
avez vous arrete la pratique du sommeil polyphasique si oui pourquoi?

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    Christopher Lieberherr

    Bonjour Lolay,

    Oui, je ne pratique plus pour l’instant le sommeil polyphasique. Il y a trois raisons :

    1) Physique : J’ai eu un petit accident en catamaran entraînant une commotion cérébrale. Mon neurologue m’a déconseillé de pratiquer le sommeil polyphasique pendant les 3 années suivantes.

    2) Psychologique : J’ai commencé à accumuler une fatigue psychologique. Trop de travail et de réflexion et pas assez de repos psychique. Au bout d’une année de Uberman, je trouve cela difficile.

    3) Social : Ma copine ne fait pas de sommeil polyphasique et mon emploi du temps actuel m’empêche de faire des siestes à interval régulier.

    Voilà 🙂

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Max le Grand

Bonjour c’est un article très intéressant que vous avez écrit. j’aimerais cependant avoir quelques précisions
Vous avez dit :
« Et enfin, actuellement, une grande sieste de 3 heures + 2 siestes dans la journée. »
Quels sont les horaires que vous avez adoptés pour la sieste de 3h et pour les deux siestes de 20 minutes ?
Merci de votre réponse
A bientôt

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    Christopher Lieberherr

    Bonjour,

    Je faisais :

    00 : 3h de sieste

    11h00 : 20 minutes

    17:00 : 20 minutes

    Reply
Feig

Bonjour,

Je suis tres interessee par le sommeil polyphasique, merci de votre partage!
J’ai 15 ans, et comme beaucoup d’ados de mon age, des soucis de sommeil: s’endormir a 4h du matin…

J’aimerais donc commencer le sommeil polyphasique pour au moins pouvoir mettre a profit le temps de sommeil inutilise, et etre malgre tout en forme.
Apparemment, selon les commentaires que je viens de lire, il serait malsain de commencer a cet age la, bien que j’ai sans doute termine ma croissance?

C’est le premier endroit ou je vois ca. Y’a-t-il des sources a ces craintes?

En tous les cas, merci!

Feig

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Guerirem Amar

Bonjour ! Merci beaucoup pour ton témoignage. Je m’identifie d’autant plus à toi du fait que tu es étudiant. Ainsi ma question est celle-ci: comment fais-tu pour trouver le temps de faire une sieste pendant tes heures de cours ?
Merci à toi.

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Palteza

Bonjour,

Article et perspective fort intéressants dans l’exploration de l’inconnu (pour la vision du commun des mortels que nous partageons plus ou moins suivant les domaines d’exploration).

Je vais vous poser une question, un peu HS, vous répondrez si vous voulez.
Je faisais à la base des recherches pour optimiser mon sommeil, mais pas dans cet « extrême » là. Je suis boulanger, et je ne veux rogner en rien sur mes qualités de vie psychique, sociale, familiale, en gardant une certaine souplesse que ne semble pas permettre le sommeil polyphasique, au long terme j’entends, le temps d’une vie.
Si vous en avez connaissance, quel est pour vous le meilleur combo de nuit courte + sieste longue ? En général je dors 4h30 à 5h la nuit (disons 21h30 – 2h), et une sieste pas encore assez régulière d’environ 2h aux alentours de 11h-12h. Vous avez des théories et des modèles sur ces modes de sommeil plus standard ? C’est évident bien moins exotique que le polyphasique ^^

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