Comment ne pas trouver sa place dans la société

Comment trouver sa place dans la société ?

C’est la première fois que j’écris ce type d’article sur Speedevelopment. En quoi est-il unique ? Eh bien, c’est que je réponds à une question très pertinente qu’une lectrice (vous vous reconnaîtrez 😉 ) m’a posée :

« Je me demande un peu ces temps (ces derniers jours à vrai dire !) qu’elle est ma place dans la société. C’est vrai, je me demande SI J’AI UNE place dans la société. »

C’est une question que de nombreuses personnes se posent et que je me suis posée pendant de nombreuses années. La meilleure réponse que j’ai trouvée pour l’instant est la suivante :

« Il ne faut pas chercher sa place dans la société »

Oui, c’est bateau… même très bateau. La suite de cet article servira à approfondir cette idée et vous démontrer qu’elle est loin d’être bateau (je ne veux pas non plus que vous ailliez le mal de mer…).

Comment trouver sa place dans la société

Et BAM ! Une jolie photo parce que vous êtes gentils 🙂

La vie est un cinéma 

Vous n’avez jamais entendu quelqu’un vous dire ça ?!

Étrange. Pourtant, c’est ce que la majorité des gens pense.

On commence sa vie sur une place de cinéma. Sur celle de nos parents.

Certains ont un grand siège, d’autres un plus petit. Certains même ont une loge, c’est les chanceux. Ceux du parterre les regardent souvent avec envie et rêvent qu’un jour, ils auront aussi leur loge.

On regarde pendant un moment le même film que nos parents, mais on décide au bout d’un moment qu’on n’a pas les mêmes goûts qu’eux.

On se lève et on sort de la salle de cinéma.

Nous voilà dans le hall face à des centaines de portes menant à des films plus étranges les uns que les autres. Des centaines d’autres personnes nous entourent.

Comment trouver sa place dans la société

On en voit certains qui retournent vite dans la salle de leurs parents. Certes, le film de papa maman n’est pas passionnant, mais au moins, ils sont dans un terrain connu.

On en voit certains qui foncent vers un film spécifique, on a l’impression qu’ils sont nés pour ce film.

On en voit d’autres qui prennent le temps et qui finissent par choisir un film. Ce n’est pas le plus passionnant, mais ils savent qu’il y aura peu de personnes dans la salle et que trouver une place ne sera pas difficile.

Et il y a nous, on regarde les annonces de chaque film, un à un. La plupart ont l’air intéressants et on a peur de faire le mauvais choix. On a peur de devoir se lever de la salle pour retourner dans le hall. Avoir choisi le mauvais film et rebrousser chemin, c’est quelque chose de rare et de honteux.

Alors on re-regarde les annonces, on demande à des gens autour de nous, on fait quelques pas vers une porte pour vite rebrousser chemin. Certaines fois, on a le courage de passer le seuil de la porte, mais jamais de s’asseoir.

Voilà à quoi peut se résumer notre existence. Choisir un film, trouver sa place et y rester jusqu’à qu’on y crève.

Cette métaphore est stupide 

Oui, je viens d’écrire 300 mots sur une métaphore stupide (masochisme, quand tu nous tiens).

Probablement, qu’elle vous a paru aussi limitée. Et pourtant, c’est exactement dans ce schéma de pensée que l’on est quand on se pose la question : qu’elle est ma place dans la société ?

Ce que nous ne nous rendons pas compte, c’est que nous pouvons sortir du cinéma et prendre un bon bol d’air !

Nous pouvons réaliser notre propre film au lieu d’en choisir un. Nous pouvons construire notre propre siège au lieu d’en choisir un.

De nombreux économistes avancent que l’acte de choisir un job et de s’y tenir durant 40 ans aura disparu dans quelques décennies.

Comment trouver sa place dans la société

Tout ça va me manquer…

Ce n’est pas parce que nos parents et leurs parents ne sont jamais sortis du cinéma que ce bâtiment représente toutes les possibilités que la vie vous offre.

Aucun film ne vous tente ?! Allez faire du bowling bon sang !

On arrête les métaphores et on attaque le concret 

Ce que je veux dire, c’est que tant qu’on se demande quel boulot (comprendre film) on doit faire et qu’on considère ce job comme une « place dans la société », on sera malheureux.

La réalité est qu’il n’existe pas un nombre assez élevé de jobs pour correspondre à la variété de personnalités présentes sur cette planète.

Rares (mais existantes) sont les personnes qui veulent devenir un avocat, médecin, notaire, etc.

Pour la plupart d’entre-nous, certains aspects nous intéressent alors que d’autres non. Pour les chanceux un job correspond à tous les aspects qui les intéressent. Pour la majorité, un job comprend un ratio entre agréable et désagréable.

L’important est alors de ne plus chercher un job, mais les activités qui nous plaisent. Une fois celle-ci regroupée et travaillée, nous pouvons chercher une opportunité.

On ne cherche plus un film ou une activité précise, mais soulignons que nous aimons par exemple : être en plein air, être proches de la nature, être manuels, etc.

On remarque rapidement que le fait de lister des caractéristiques qui nous plaisent est plus facile que de trouver « une place ».

Rares sont les personnes qui n’aiment rien faire. Et si c’est le cas, je suspecterais soit une facette dépressive soit une flemmardagite aiguë. Dans le premier cas, je vous recommande le suivi d’un professionnel. Dans le deuxième cas, vous avez deux choix :

  • Commencez à vous bouger les fesses.
  • Restez malheureux (et pitoyable) toute votre vie. Mais alors par pitié, restez médiocre silencieusement. Il n’y a rien de pire qu’un flemmard qui se plaint de son propre vice.

Non, je n’ai pas de méthode miracle pour arrêter d’être paresseux. Pourquoi ? Parce qu’il faut un minimum de volonté pour sortir de sa paresse. Si la personne n’a même pas ce minimum nécessaire, on peut certes la pousser momentanément, mais elle retournera vite à son état initial.

Heureusement, les purs paresseux sont rares 🙂

« C’est bien beau, mais moi je dois vivre ! »

C’est l’argument le plus pertinent selon moi.

Créer sa place n’est pas si difficile que ça. Gagner sa vie avec elle peut être un défi.

Premièrement, le défi devient moindre à mesure que les années passent. J’ai vu :

  • Un chauffeur de bus devenir entrepreneur en Thaïlande et Cambodge
  • Un avocat devenir professeur d’anglais au Vietnam
  • Un créateur d’applications mobiles devenir entrepreneur puis blogueur : Clin d’œil à mon pote Damien Fauché et son excellent blog « pleinsdetrucs.fr » ! Et notre petit podcast ensemble 🙂
  • Et j’en passe.

Deuxièmement, je n’ai pas parlé de gagner sa vie avec sa passion.

Comme je l’ai fait remarqué sur mon article expliquant comment trouver sa passion, la plupart d’entre nous n’auront jamais de passion. J’ai aussi fait remarquer dans un autre article qu’il ne faut pas trouver de passion !

Suivant cette logique, une activité particulière pourra vous plaire pendant un moment puis vous lasser. Et tant mieux !

Car comme je l’ai dit ci-dessus, avoir le même métier pendant 40 ans sera aussi rare que le dodo (qui est déjà disparu…).

Il ne sera alors pas rare, et c’est déjà le cas, que nous ferons un métier pendant 2 ans avant de changer pour un autre.

Les technologies actuelles nous permettent d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences rapidement, ce qui nous confère une grande flexibilité professionnelle.

Peut-être alors qu’une activité vous apportera de l’argent et vous permettra de vivre pendant la seconde activité qui ne vous apportera que très peu. La troisième servira à renflouer le porte-monnaie.

Par exemple, l’avocat en question utilise Italki comme ça pour donner des cours en ligne l’autre côté du monde. Cet argent lui permet de vivre jusqu’à que son école physique au Vietnam soit mise sur place.

Il est vrai, qu’en tant qu’occidental, vivre en Asie est un moyen en or pour essayer des choses sans prendre de gros risques.

Par exemple, de nombreux blogueurs partent y vivre le temps de voir si leur bébé grandit. Là-bas, le coût de la vie est minime et permet alors d’y vivre longtemps avec de simple économie.

D’un autre sens, si vous avez l’esprit entrepreneurial, il n’a jamais été autant facile de créer une entreprise. Et pas besoin de vouloir être le prochain Zuckerberg. La majorité des entrepreneurs crée un petit business et est heureuse et rentable avec.

L’art de ne pas s’encombrer

Si on découvre alors que l’on est d’une nature professionnelle volage, il est essentiel de ne pas s’encombrer. Voici quelques exemples d’encombrements (sans le moindre jugement de valeur) :

  • Enfants : Eh oui, Timmy et Billy doivent être nourris, habillés, éduqués, soignés, etc. Et ça coûte bonbon ! Une fois que l’on a un enfant, la vie d’une autre personne dépend de nous. Cette responsabilité nous forcera à prendre des décisions en fonction de nous, mais aussi d’eux. Bien que des personnes affirment qu’il est possible de poursuivre une vie nomade par exemple avec des enfants, il est indéniable que c’est beaucoup plus difficile. De plus, je ne suis toujours pas convaincu des bienfaits d’une telle vie sur un enfant. Selon moi, un choix doit être fait dans ce cas.
  • Animaux : Idem que ci-dessus. Non, on ne rend pas son chat au bout d’un an parce qu’on en a marre ou qu’on veut changer de pays. Un animal n’est pas un jouet.
  • Emprunts : Quand il faut rembourser à la banque une certaine somme par mois, on est obligé de s’assurer d’avoir cette somme. Parfois, cela implique de devoir faire un travail que l’on n’aime pas pour payer les factures.
  • Biens matériels : Plus vous avez d’objets, plus vous sera attachés à eux et plus difficile seront vos déplacements.
  • Relations amoureuses inadéquates : Si vous êtes avec une personne qui a trouvé sa place dans la société et qui ne veut pas changer, vous vous ferez souffrir mutuellement. Inutile de persister dans une telle relation.

Un dernier mot sur comment (ne pas) trouver sa place dans la société

Bref, si vous ne trouvez pas votre place dans la société c’est probablement qu’elle n’existe pas.

Créez votre place, changez régulièrement de place ou marchez simplement !

Ne cherchez plus une place, mais les composantes dans la vie qui vous plaisent. Cherchez à être en contact avec ces composantes. Acceptez aussi qu’une situation puisse ne correspondre qu’à un nombre limité de composantes. Profitez de cette situation en évitant de vous encombrer et changez dès que vous en ressentez le besoin. Peut-être même qu’un jour vous trouverez une situation que vous ne voudrez plus jamais quitter.

Bravo, vous avez trouvé « votre place ».

Que pensez-vous de cette approche ? Plus généralement, que pensez-vous de format où je réponds à une question ?

 N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez 🙂

 

Click Here to Leave a Comment Below

Marine

Hello Christopher !

« Il ne faut pas chercher sa place dans la société »

Quand j’ai lu ton titre, j’ai pensé : ben en fait on n’a pas à chercher une place qu’on a déjà. Je veux dire par là qu’on le veuille ou non, on est là sur Terre, donc on a une place, on prend une place.

Bon après le truc c’est de trouver qui l’on est vraiment, d’être nous-même au maximum, de pouvoir utiliser au mieux nos talents/compétences « innées » et plus globalement, de pouvoir nous sentir bien.

Alors oui, ce n’est pas évident pour beaucoup avec toute l’influence de la société et de notre entourage auxquelles on a été confronté dès tout petit, avec toutes les croyances qui vont avec, certaines étant limitantes pour nous autoriser à aller vers ce qui est fait pour nous.

Tout ça pour dire que je suis tout à fait d’accord avec ce que tu écris :

« L’important est alors de ne plus chercher un job, mais les activités qui nous plaisent. Une fois celle-ci regroupée et travaillée, nous pouvons chercher une opportunité.

On ne cherche plus un film ou une activité précise, mais soulignons que nous aimons par exemple : être en plein air, être proches de la nature, être manuels, etc. »

Et oui, payer les factures, faire face à certaines contraintes du quotidien qu’on a plus ou moins choisi consciemment, ça peut sembler de grosses limites. Après c’est comme tout, il faut faire avec ce que l’on a, ça ne sert pas à grand-chose de passer son temps à déplorer le fait qu’on n’est pas riche à millions fils à papa pour pouvoir dépenser tout ce qu’on veut et faire ce qu’on veut (y compris ne rien faire)

Donc oui, recherchez ce qui nous plait dans la vie, ce qui nous fait nous sentir bien, et ça au sens large, et essayer de s’en rapprocher le plus possible, d’être confronté à ça le plus possible. Parfois il faut en passer par des périodes « désagréables » pour pouvoir ensuite avoir l’opportunité de nous rapprocher de ce qui est bon pour nous.

Pour répondre à tes questions, je pense qu’on est globalement d’accord sur ce sujet, et j’aime bien ce format de réponse qui permet de pousser la réflexion, d’aider des personnes qui n’oseraient pas demander de l’aide sur un sujet et tout simplement de nous faire poser des questions.

Belle fin de semaine:)

Reply
    Christopher Lieberherr

    Hello Marine !

    Merci pour ton commentaire 🙂

    « Quand j’ai lu ton titre, j’ai pensé : ben en fait on n’a pas à chercher une place qu’on a déjà. Je veux dire par là qu’on le veuille ou non, on est là sur Terre, donc on a une place, on prend une place. »

    En effet, j’aurais pu démarrer l’article de cette manière. C’est très pertinent !

    « Et oui, payer les factures, faire face à certaines contraintes du quotidien qu’on a plus ou moins choisi consciemment, ça peut sembler de grosses limites. Après c’est comme tout, il faut faire avec ce que l’on a, ça ne sert pas à grand-chose de passer son temps à déplorer le fait qu’on n’est pas riche à millions fils à papa pour pouvoir dépenser tout ce qu’on veut et faire ce qu’on veut (y compris ne rien faire) »

    Tout à fait d’accord 🙂

    A bientôt !

    Christopher

    Reply
Mathilde Gremaud

Cet article m a fait du bien , merci.

#deconstruction de pensées inadéquates #espoir #envol peut être ..! ( si je m assouplis dans mes pensées et accepte l impermanence d une « place dans la société »
…mouvance quand tu nous tiens

Allez, a bientôt !
Mathilde

Reply
    Christopher Lieberherr

    Hello Mathilde !

    Tant mieux 🙂

    A bientôt !

    Christopher

    Reply
Olga

Merci Christophe pour cet article.

Je pense que notre génération est le symbole même du « slashing ». Nous sommes à l’image des toupies et cela est très enrichissant.

Au risque de passer pour des gens dispersés, on acquiert une certaine liberté d’action et de pensée qui forcent le respect de nos pairs qui sont « coincés » dans leurs vies avec leurs tracas de consommateurs modernes et qui, secrètement, nous envient.

Pour les femmes, il est très difficile de se faire une place dans la société et encore plus ce genre de place.
Le dernier paragraphe m’a intrigué car je suis une femme qui a exactement à l’heure actuelle la problématique du choix des encombrements à faire… Les tolérer, les envisager ou les renier définitivement?
Mon compagnon et moi y pensons et nous apprêtons à faire un choix en faveur de notre mode de vie.

À bientôt.

Reply
    Mathilde

    Hello Olga !

    Comme toi le dernier paragraphe de l article m a pas mal interpellé !

    J ai eu ma mère comme « mère au foyer « , travaillant a la maison, durant toute mon enfance , et c est clair qu’en matière de rôle joué par la femme dans la société, ça a vraiment pris de la place dans mon esprit je pense ! 😉

    Après, c est clair que d autres femmes autour de moi m ont aussi inspirées en tant qu enfant, et je pense qu elles restent des sources d inspiration

    Voilà je voulais juste dire ça !

    ( et aussi que les enfants c est trop chou ‘ ! :)))

    Bisous les enfants ! 😉

    Reply
    Christopher Lieberherr

    Bonjour Olga,

    Merci pour votre message. Votre ajout est pertinent.

    A bientôt,

    Christopher

    Reply
Damien

Super article !

Merci pour le clin d’œil 😉

J’aime beaucoup le format réponse à une question !!

À très vite

Reply
Leave a Reply: